Publié le 28 décembre 2017

Des lombrics pour épurer les eaux usées d'un immeuble genevois

Tendance: des lombrics pour épurer les eaux usées
Tendance: des lombrics pour épurer les eaux usées 19h30 / 2 min. / le 28 décembre 2017
Pour la première fois, un système de "lombri-compostage" est installé dans un immeuble à Genève. Des milliers de lombrics absorbent les eaux usées et les recyclent en eau, sels minéraux et chaleur.

Déjà testé par le passé dans des maisons individuelles, ce système innovant a été installé sous la terrasse d'un immeuble coopératif de 38 logements. Un système de bacs de paille qui voit s'activer 300 kg de lombrics en permanence.

Pour permettre au concept de fonctionner, le bâtiment a été divisé en deux circuits: un circuit pour les "eaux grises" et un pour les "eaux noires". "Les eaux noires, ce sont les WC, les chasses d'eau, l'urine et les papiers", explique dans le 19h30 de la RTS l'architecte Stéphane Fuchs. "Et les eaux grises, ce sont surtout les cuisines, les buanderies et les douches."

Sous la terrasse, deux filtres végétaux remplis de vers font office de station d'épuration des eaux - un pour les "eaux grises", l'autre pour les "eaux noires". L'eau passe par un amas de gravier, puis, une fois épurée, est récupérée dans une citerne. Elle est alors réinjectée dans le circuit pour l'arrosage et l'eau des toilettes, alors que le surplus part dans le réseau public.

Le circuit d'épuration de l'eau dans cet immeuble genevois.
Le circuit d'épuration de l'eau dans cet immeuble genevois. [DR - RTS]

Des produits inoffensifs pour les lombrics

Ce concept pionnier basé sur le "lombri-compostage" implique au quotidien l'usage de produits inoffensifs pour les vers de terre par les résidents de l'immeuble.

"Nous utilisons des produits biodégradables que nous achetons en gros, ce qui nous permet en mutualisant les commandes d'avoir des produits de meilleure qualité que les produits classiques", raconte Olivier, habitant de l'immeuble.

Ce projet a nécessité un investissement d'environ 300'000 francs, financé par les résidents. La qualité de l'eau est régulièrement contrôlée pour correspondre aux normes du canton. D'autres projets similaires sont actuellement à l'étude à Genève.

Ana Silva/tmun

Publié le 28 décembre 2017