Modifié le 11 octobre 2019 à 08:32

Une première Mad Pride pour déstigmatiser les maladies psychiques

Environ mille personnes ont défilé dans les rues de Genève pour la première Mad Pride.
Une première Mad Pride pour déstigmatiser les maladies psychiques L'actu en vidéo / 1 min. / le 10 octobre 2019
Rendre visibles les personnes atteintes de maladies psychiques, c'est l'objectif de la première Mad Pride, qui a eu lieu jeudi après-midi à Genève. Un millier de patients et de soignants ont défilé en faveur de l'intégration et la reconnaissance de ces maladies dans le monde du travail.

En Suisse, une personne sur cinq souffre de problèmes psychiques ou mentaux: c'est le motif le plus fréquent de recours à l'Assurance invalidité.

>> Ecouter le sujet du journal de 12h30: "L'image de la folie dans l'Histoire":

Les affiches #TousBarjos d'information sur la santé mentale.
DR - RTS
Le 12h30 - Publié le 10 octobre 2019

Lors du rassemblement festif genevois de jeudi après-midi, un millier de patients et soignants ont marché ensemble pour promouvoir la reconnaissance de maladies encore taboues de nos jours. Une Mad Pride pour une meilleure intégration dans la société, mais aussi dans le cadre professionnel.

Le défilé voulait investir la cité. Elle a été organisée par la Coordination romande des associations d'action pour la santé psychique (Coraasp) et la fondation Trajets.

>> Regarder: "La première 'Mad Pride' se prépare à Genève: le défilé vise à déstigmatiser les troubles psychiques" 

La première "Mad Pride" se prépare à Genève. Le défilé vise à déstigmatiser les troubles psychiques.
19h30 - Publié le 02 octobre 2019

Fodingue? Buggée? Allumé? Déjanté? Givré? Perchée? Timbrée? Toqué? La campagne d'affichage de la Fondation Trajets mise sur des mots du langage courant pour qualifier les maladies mentales. Fodingue? Buggée? Allumé? Déjanté? Givré? Perchée? Timbrée? Toqué? La campagne d'affichage de la Fondation Trajets mise sur des mots du langage courant pour qualifier les maladies mentales. [www.trajets.org/barjos] Un défilé pour la diversité. Plus précisément pour déstigmatiser les maladies psychiques.

La démarche inclut de manière très large le monde du travail: la performance, l'intégration dans un milieu professionnel, mais aussi les relations qu'une personne atteinte psychiquement entretient avec d'autres collègues: "Comme les métiers évoluent, la sensibilité aux problèmes relationnels est aussi devenue plus importante", affirme Charles Bonsack, chef du service de psychiatrie du CHUV à Lausanne.

Le médecin estime que la moitié de la population subit ou va subir au cours de sa vie un problème de santé mentale. C'est donc fréquent au travail.

Un accompagnement personnalisé

Dans certains cas, la solution repose aujourd'hui sur le coaching: "On se rend compte que pour aider les personnes à retrouver un rôle professionnel, il faut les accompagner directement dans l'activité professionnelle du premier marché du travail", remarque Charles Bonsack.

Tout le monde est concerné par la santé mentale. Tout le monde est concerné par la santé mentale. [www.trajets.org/barjos] "Ça s'appelle 'place then train' [ndlr. 'placer puis entraîner'], c'est-à-dire que plutôt que d'entraîner les gens dans un milieu artificiel – par exemple un atelier protégé – on les amène directement en situation réelle et on les accompagne avec un coach. Ce sont des coachs qui sont à la fois intégrés dans une équipe clinique, qui ont des compétences cliniques, et qui ont des compétences d'accompagnement vers l'emploi", explique le professionnel de la santé.

>> Lire: Dans les coulisses de la première Mad Pride de Suisse

L'envie de travailler

La plupart des personnes souffrant de troubles psychiques veulent travailler. L'idéal est de ne pas dissocier l'aspect social et médical lors d'une activité professionnelle. L'aide à l'intégration devrait ainsi tenir compte à la fois des besoins de l'employeur, du métier, que des comportements liés aux problèmes de santé pour aider la personne au travail à surmonter son handicap ou à adapter son activité.

>> Regarder l'un des clips de la campagne #TOUSBARJOS – le témoignage de Rodrigo:

Sujet radio: Pierre-Etienne Joye

Adaptation web: Stéphanie Jaquet

Publié le 10 octobre 2019 à 14:37 - Modifié le 11 octobre 2019 à 08:32