Modifié le 18 avril 2019 à 08:56

Etat et Ville de Genève diffèrent dans leur "soutien" à la grève des femmes

Sandrine Salerno et Nathalie Fontanet.
Le canton de Genève prévoit une retenue de salaire pour les grévistes du 14 juin La Matinale / 1 min. / le 18 avril 2019
Les fonctionnaires du canton de Genève subiront une retenue de salaire en cas de participation à la grève des femmes, le 14 juin prochain. La mesure contraste avec l'attitude de la Ville, qui "offre" la grève à ses collaboratrices.

Le Conseil d'Etat genevois a annoncé mercredi qu'il prévoyait une retenue de salaire pour les grévistes. Ceux-ci devront d'ailleurs s'annoncer à leur employeur, comme cela se fait pour n'importe quel débrayage. Une position analogue à celle de nombreux cantons romands, mais qui tranche avec celle de la Ville de Lausanne et de Genève notamment.

Sandrine Salerno, en charge des finances municipales genevoises, l'a annoncé haut et fort: elle donnera congé aux femmes qui feront grève le 14 juin pour lutter contre les discriminations et les violences sexistes. En principe, aucun service minimum ne sera assuré ce jour-là, à l'exception des tâches sécuritaires. Seuls les employés masculins de la Ville devront travailler.

L'Etat de Genève pour des "actions en interne"

L'homologue de la socialiste au canton, la PLR Nathalie Fontanet, ne l'entend pas de cette oreille. L'égalité des genres, affirme-t-elle, n'est pas qu'une affaire de femmes. Tout le monde est concerné, y compris les hommes. L'Etat n'entend toutefois pas faire de cadeaux le 14 juin, du moins pas pour des actions extérieures à l'administration: la participation à la grève entraînera donc une retenue de salaire. Quant aux manifestations prévues l'après-midi, les fonctionnaires pourront y prendre part moyennant une compensation en heures.

"L'Etat de Genève compte quelque 17'000 collaborateurs", indique la conseillère d'Etat Nathalie Fontanet au micro de La Matinale jeudi. "La fonction publique est là pour offrir des prestations à la population, et je ne vois pas pourquoi on devrait faire porter les conséquences d'une grève à la population. Le canton a donc choisi de respecter les règles en la matière."

Le Conseil d'Etat genevois affirme en revanche soutenir le mouvement pour plus d'égalité à sa manière, en privilégiant toute action organisée en interne. Les collaboratrices et collaborateurs sont autorisés à participer à des discussions thématiques sur l'égalité homme-femme au sein de leur département respectif, pour autant que la bonne marche de l'administration soit assurée.

L'exécutif cantonal veillera également à ce qu'aucun examen ne soit planifié le 14 juin dans l'enseignement public, sous réserve de divers impératifs.

Différence gauche-droite?

Le Conseil d'Etat genevois ne soutient-il donc le mouvement pour plus d'égalité que du bout des lèvres? Y a-t-il une différence gauche-droite sur la grève et la sensibilité à la cause des femmes? "Je me refuse de penser que l'égalité est davantage l'apanage de la gauche que de la droite", réfute Nathalie Fontanet.

Selon la ministre PLR, il est stérile d'opposer l'attitude de deux responsables des finances, elle-même et Sandrine Salerno. "Il y a deux femmes différentes et deux soutiens différents à ce mouvement de grève."

Raphaël Leroy/kkub

Publié le 18 avril 2019 à 08:46 - Modifié le 18 avril 2019 à 08:56