Modifié le 10 mars 2019 à 21:39

Des solutions existent pour aider les jeunes à dépasser leur violence

Claudine Gachet aide les jeunes à dépasser leur violence
Claudine Gachet aide les jeunes à dépasser leur violence 19h30 / 6 min. / le 10 mars 2019
Alors que les auteurs de l’agression de Saint-Jean (GE) seront fixés sur leur sort mercredi, l'affaire rappelle d'autres attaques violentes commises par des jeunes. "Ils sont souvent dissociés de leurs émotions", explique la thérapeute Claudine Gachet.

Le procès des auteurs de l’agression de Saint-Jean aura marqué la semaine par la violence des faits. Deux trentenaires ont vu leur destin brisé - à coups de battes de baseball et de casque de moto - le 7 janvier 2017 dans le quartier genevois de Saint-Jean.

Un des mineurs impliqués dans l’attaque, âgé de 18 ans aujourd’hui, serait à l’origine d’une autre agression qui a entraîné la mort d’un homme dans un parking souterrain des Charmilles.

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Une autre attaque gratuite s'est aussi produite en août 2018, lorsque des jeunes entre 20 et 25 ans ont passé à tabac cinq femmes à la sortie d’une discothèque en vieille-ville.

"Ils ont du mal à tout gérer"

Le schéma de violence se répète et l’opinion publique s’interroge. A Genève, l’association Face à Face propose des thérapies pour les jeunes entre 13 et 20 ans. Ils apprennent à maîtriser les accès de violence et à éviter les récidives. Sa directrice Claudine Gachet accompagne depuis 18 ans des jeunes gens violents.

"Ils ont du mal à tout gérer, à un âge où ils sont plein d’une énergie volcanique et voient leur corps changer", explique l'infirmière et thérapeute dans le 19h30. "Notre cerveau n’est pas mature avant l’âge de 20-25 ans", poursuit-elle. Les dernières zones à se développer sont les parties frontale et préfrontale du cortex. Or ce sont elles qui interviennent dans l’exercice de l’esprit critique."

Quand certains pays mettent en place des algorithmes pour prédire les actes violents, l’experte n’y voit pas une avancée pertinente: "C’est plus complexe que cela. Il existe beaucoup d’éléments qui font que ces jeunes basculent." L'ancienne députée radicale genevoise s’inquiète que l’âge des premiers délits soit de plus en plus bas. "Chez les jeunes, ils faut être populaire. L’utilisation des réseaux sociaux joue un rôle clé en permettant de diffuser des vidéos où l’on se filme en train de commettre un délit."

Verbaliser ses émotions

Des solutions, il y en a. "Une chose importante est de sentir et verbaliser ses émotions", précise Claudine Gachet. "Ils doivent aussi apprendre à respecter la hiérarchie, ce qui n’est pas toujours évident quand les parents sont absents la plupart du temps."

Le cas des agressions de Saint-Jean sont rares, d’une extrême violence, à l’écart des jeunes gens accueillis par l’association Face à Face. "Je ne peux pas dire que je m’occuperais d’eux car j’aurais le souci de ne pas être neutre", indique Claudine Gachet, affirmant cependant que "personne n’est irrécupérable".

Aurélie Coulon/gma

Publié le 10 mars 2019 à 21:08 - Modifié le 10 mars 2019 à 21:39