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Les classes enfantines en allemand prisées par les francophones biennois

Yvette Djurovic et son fils Grayson, qui ira à l’école en allemand. [Alain Arnaud - RTS]
Les Romands de Bienne, une espèce en voie de disparition? / Le Journal du matin / 7 min. / le 26 mars 2015
Les parents francophones sont de plus en plus nombreux à inscrire leurs enfants à l'école enfantine germanophone à Bienne, dans le but de favoriser leur avenir professionnel.

Le Conseil de ville de Bienne a accepté la semaine dernière l’ouverture de six nouvelles classes d’école enfantine, toutes alémaniques. Il était initialement prévu d’en ouvrir deux francophones et quatre germanophones.

Beaucoup de parents francophones ont décidé de scolariser leurs enfants en allemand. Ils s’inquiètent pour les débouchés professionnels de leurs enfants. "A Bienne, il faut vraiment parler l’allemand pour trouver du travail et des places d’apprentissage", a confié à la RTS Yvette Djurovic, maman de cinq enfants.

Une quarantaine de familles francophones ont inscrit leur enfant en allemand à l'école enfantine. "C’est encore une petite minorité, mais nous devons prendre ces signaux au sérieux", relève Cédric Némitz, conseiller municipal chargé des écoles.

Restreindre la scolarisation à la langue maternelle?

Et le conseiller municipal de relever la difficulté à laquelle les classes pourraient faire face avec un afflux importants de petits francophones. "Un moyen de l’éviter serait de forcer les parents à scolariser leurs enfants dans leur langue."

David Gaffino, secrétaire du Conseil des affaires francophones (CAF) trouverait "assez absurde qu’on interdise de se rapprocher de la langue partenaire dans une ville bilingue comme Bienne."

Alain Arnaud/lgr

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Trop tôt pour faire des liens

Une campagne du Conseil des affaires francophones (CAF) du district bilingue de Bienne tirait la sonnette d’alarme en septembre dernier en faisant du soutien à l’apprentissage francophone un objectif prioritaire.

"C’est un peu rapide de dire maintenant qu’il y a un lien direct entre ce qu’on a dit et ce qui est en train de se passer dans les écoles", relève David Gaffino, secrétaire du CAF. Il estime que la réactions des parents francophones est une réponse à des problèmes réels bien plus qu’à la campagne lancée par le CAF.