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Les affaires de harcèlement sexuel font réagir le monde politique romand

La conseillère nationale verte vaudoise Léonore Porchet. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
La députée vaudoise Léonore Porchet. / La Matinale / 3 min. / le 2 novembre 2017
La députée verte vaudoise Léonore Porchet demande au Conseil d'Etat un plan d'action contre le harcèlement sexuel fondé sur l'éducation. Son offensive politique fait tache d'huile en Suisse romande.

Plusieurs parlements cantonaux vont devoir se pencher sur cette question, car certains élus n’ont pas attendu la vague née de l’affaire Weinstein aux Etats-Unis pour s’inquiéter d’un phénomène plus large, notamment celui du harcèlement de rue.

La dernière actualité en date est un postulat déposé sur le bureau du Grand Conseil vaudois par la députée verte Léonore Porchet. Elle demande que l’exécutif prenne des mesures pour lutter contre le harcèlement sexuel et l'invite à créer un plan d’action qui comprendrait en particulier l’introduction d’une éducation au consentement dans le programme scolaire.

Peut-être que tout n'est pas rose et qu'il faut se poser des questions.

Bruno Marmier

A Fribourg et Genève aussi

Et la politicienne fait des émules, notamment à Fribourg où les Verts devraient déposer d'ici la fin de la semaine un postulat qui demande que l'Etat fasse de son mieux pour libérer la parole des victimes. "On a vu ces dernières semaines que beaucoup de victimes ne parlaient pas parce que vraisemblablement les conditions ne sont pas favorables à ce qu'on les entende", rappelle le président du parti Bruno Marmier. "On a vu que les gens préféraient les réseaux sociaux à d'autres canaux pour faire part de ce qu'elles ont subi (…) Je ne veux pas dire qu'il y a un problème, mais peut-être que tout n'est pas rose et qu'il faut se poser des questions."

A Genève, une motion avait déjà été déposée en février dernier mais concernait plutôt le harcèlement de rue. Co-signée par de nombreuses personnalités politiques de tous bords, elle est actuellement en attente en commission.

Il y a dans la société une forme de tolérance à l'égard de ce dépassement de la frontière.

Jocelyne Haller

Toujours à Genève, le groupe Ensemble à gauche devrait déposer d’ici la semaine prochaine une résolution sur "les violences sexuelles en général". Elle réclame là aussi l’introduction d’une éducation au consentement.

"Il y a dans la société une forme de tolérance à l'égard de ce dépassement de la frontière qui définit la volonté d'une personne et celle de l'autre, qui est trop souvent ignorée", explique la députée Jocelyne Haller. "Nous estimons qu'il faut corriger ce fait et que cela passe par des mesures d'éducation au consentement et des mesures d'écoute et de soutien aux personnes qui malheureusement ont été victimes d'agressions sexuelles ou de différentes formes d'abus de pouvoir."

Valais, à Neuchâtel et Jura

En Valais, ces affaires pourraient aussi une certaine résonance d’ici la prochaine session du parlement dans quinze jours. Idem à Neuchâtel, où le Grand Conseil siège la semaine prochaine.

Dans le canton du Jura, le Parti socialiste avait déposé en juin dernier une question écrite au sujet du harcèlement de rue. L’exécutif y avait répondu en écrivant notamment que cette thématique fera vraisemblablement l’objet d’une campagne de sensibilisation l’année prochaine.

Gaël Klein/oang

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"C'est tellement structurel qu'on est probablement au dehors de ce que l'Etat peut faire"

Cette déferlante de réactions politiques n’émeut pas Yves Nidegger. Pour le conseiller national UDC, ces textes n’apportent pas de solutions vraiment nouvelles.

"Si le problème structurel, c'est le fait que les rapports de pouvoir induisent très généralement des abus de ce pouvoir, c'est tellement structurel qu'on est probablement au dehors de ce que l'Etat peut faire", estime le candidat au Conseil d'Etat genevois.

"Cette idée de gauche qui voudrait que l'Etat soit tout-puissant et que à chaque problème sa subvention et le monde sera paradisiaque, est une idée que je ne cautionne pas du tout. Chacun fait mine de découvrir un problème et d'avoir un début de solution."