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Milliers de manifestants et brèves échauffourées contre le chantier du Lyon-Turin

Le projet Turin-Lyon est contesté par manifestations franco-italiennes demandant son arrêt depuis bientôt 5 ans. [Keystone/EPA - Alessandro Di Marco]
Des milliers de personnes manifestent contre le projet onéreux et polluant du Lyon-Turin / Le 12h30 / 2 min. / le 17 juin 2023
De brèves échauffourées ont eu lieu samedi peu après le départ de la manifestation contre la ligne ferroviaire grande vitesse Lyon-Turin, qui a rassemblé près de 5000 manifestants écologistes selon les organisateurs - plus de 3000 selon les autorités - dans la vallée de la Maurienne (Savoie) en France voisine.

Vers 15H00, quelques manifestants ont lancé des pierre contre les forces de l'ordre près de Saint Rémy-de-Maurienne, a constaté l'AFP sur place, hors de de la zone d'interdiction délimitée par la préfecture de Savoie.

"Usage de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre pour maintenir les manifestants hostiles à distance à la suite de jets de projectiles", a indiqué la gendarmerie.

Des protestataires ont ensuite envahi la voie ferrée à proximité, a aussi constaté l'AFP, alors que la circulation des trains a été stoppée en raison de la situation en début d'après-midi, selon la SNCF.

Une dizaine d'organisations

Le cortège s'était ébranlé dans le calme en milieu de journée à l'appel d'une dizaine d'organisations, dont les Soulèvements de la Terre, menacés de dissolution par le ministère de l'Intérieur, et les No-Tav italiens, mobilisés contre un chantier "pharaonique" jugé  "néfaste" pour l'environnement, la biodiversité et les ressources en eau.

Le campement des manifestants samedi au petit matin. [RTS - Coppelia Piccolo]

Le départ de cette manifestation non déclarée s'est fait depuis la commune voisine de La Chapelle, située hors du périmètre d'interdiction préfectorale.

"Notre nombre est un signal politique (...) il y a quelques jours, les pro Lyon-Turin se sont réunis, ils étaient seulement 100, nous sommes des milliers à dire que nous voulons l'arrêt de ce projet inutile", a déclaré la cheffe parlementaire LFI Mathilde Panot, présente dans le cortège avec plusieurs élus Verts et LFI, avant les incidents.

"Il n'y avait pas de raisons de ne pas autoriser cette manifestation dès lors qu'elle est dans un esprit non violent et nous on prônera toujours des logiques de non violences", a pour sa part souligné la sénatrice EELV Fabienne Grebert.

>> Ecouter dans Forum le commentaire de Philippe Rollet, maire de la ville de Saint-Jean-de-Maurienne qui est placée au cœur du projet :

Des manifestants rassemblés pour manifester contre le chantier de ligne ferroviaire grande vitesse Lyon-Turin. [RTS - Coppelia Piccolo]RTS - Coppelia Piccolo
Plusieurs milliers d’opposants au chantier Lyon-Turin ont manifesté en Savoie: interview de Philippe Rollet / Forum / 5 min. / le 17 juin 2023

Négociations

Avec un groupe d'élus, la sénatrice a essayé de négocier le parcours avec les autorités pour "aller un peu plus loin", alors que les manifestants patientaient sous un soleil torride sur une petite route à proximité de Saint-Rémy-de-Maurienne. Les échauffourées sont intervenues après ces négociations, selon l'AFP sur place.

Les forces de l'ordre redoutent surtout des actions coups de poing de petits groupes réfractaires, selon une source policière. Au moins une trentaine "d'étrangers sous interdiction administrative du territoire ont été interpellés et remis aux Italiens" , selon la préfecture de Savoie.

Cinq bus de militants italiens, soit environ 280 personnes, sont aussi restés bloqués à la frontière, a constaté un correspondant de l'AFP sur place.

Giga-tunnel de 60 km de long

Des manifestants rassemblés pour manifester contre le chantier de ligne ferroviaire grande vitesse Lyon-Turin. [RTS - Coppelia Piccolo]

Soutenue par l'Union européenne, la nouvelle ligne doit à terme relier Lyon et Turin, avec 70% des voies en France et 30% en Italie, avec un tunnel de 57,5 km traversant les Alpes entre Saint-Jean-de-Maurienne et Suse. Coût évalué: plus de 26 milliards d'euros.

Les partisans du projet mettent en avant la nécessité de réduire le flux de poids lourds, en constante augmentation, pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Ils invoquent aussi le développement économique que permettra selon eux une ligne ferroviaire plus rapide .

Les opposants, eux, font valoir qu'une ligne existe déjà et que le fret ferroviaire n'a cessé de baisser ces dernières années. Ils dénoncent aussi les impacts écologiques de ce chantier "ferroviaire titanesque, impliquant le forage de 260 km de galeries à travers les massifs alpins". Selon eux, les travaux ont déjà tari plusieurs sources et captages dans la vallée.

afp/kkub

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