Modifié le 12 novembre 2018 à 16:11

Le président serbe mécontent du traitement qui lui a été réservé à Paris

Le président serbe Aleksandar Vucic (droite) reçu par Emmanuel Macron, ce 11 novembre 2018 à Paris.
Le président serbe Aleksandar Vucic (droite) reçu par Emmanuel Macron, ce 11 novembre 2018 à Paris. [ETIENNE LAURENT - EPA]
Le président serbe Aleksandar Vucic a regretté le traitement qui lui a été réservé dimanche à Paris comparé à celui de son homologue kosovar, lors des cérémonies du centenaire de l'Armistice de 1918.

La presse serbe a publié des photos montrant le Kosovar Hashim Thaçi derrière le Russe Vladimir Poutine, l'Américain Donald Trump, le Français Emmanuel Macron et l'Allemande Angela Merkel, alors que Aleksandar Vucic avait été installé dans une autre tribune.

"Vous pouvez imaginer comment je me sentais", a déclaré Aleksandar Vucic, expliquant avoir eu "la gorge serrée" selon les médias locaux.

"Il me semble que je regardais tout le temps le sol et l'écran, ne croyant pas ce que j'étais en train de voir devant moi, et sachant le sacrifice payé par le peuple serbe dans la Première Guerre mondiale", a-t-il dit.

Les plus lourdes pertes

Proportionnellement, l’armée serbe a subi les pertes les plus terribles durant ce conflit: 130'000 morts et 135'000 blessés, les trois quarts de ses effectifs.

"J'ai dû prendre la décision en un instant: faire quelque chose ou ne rien faire, rester sur place, se taire, pour pouvoir serrer la main de Trump, de Poutine", "pour parler de la Serbie", a expliqué Aleksandar Vucic.

afp/pym

Publié le 12 novembre 2018 à 16:02 - Modifié le 12 novembre 2018 à 16:11

"Accueil grandiose"

Aleksandar Vucic a promis un accueil "grandiose" à Emmanuel Macron, annoncé en Serbie début décembre par la presse locale. "Je vais inviter des milliers de nos gens pour le saluer, lui montrer ce que c'est l'hospitalité serbe et comment nous voyons l'amitié", a-t-il dit.

Relations exécrables

Vingt ans après la guerre entre forces serbes et rebelles indépendantistes kosovars albanais (1998-99, plus de 13'000 morts), et une décennie après la proclamation d'indépendance du Kosovo, les relations restent exécrables entre Belgrade et Pristina.

Une rencontre la semaine passée à Bruxelles entre Hashim Thaçi et Aleksandar Vucic, la première depuis juillet, s'est tenue dans une ambiance tendue. La Serbie a condamné la décision de son voisin de relever de 10% ses droits de douane sur ses produits et s'indigne du projet d'Hashim Thaçi de doter le Kosovo d'une armée.