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Plus de 200'000 opposants à Nicolas Maduro défilent au Venezuela

Des manifestants dans les rues de Caracas le samedi 20 mai. [MIGUEL GUTIERREZ - KEYSTONE]
Des manifestants dans les rues de Caracas le samedi 20 mai. [MIGUEL GUTIERREZ - KEYSTONE]
Plus de 200'000 personnes ont manifesté samedi au Venezuela pour exiger le départ du président Nicolas Maduro dont elles dénoncent la "dictature", au 50e jour de la vague de protestation contre l'héritier d'Hugo Chavez.

A Caracas, plus de 160'000 manifestants, selon l'opposition, ont tenté d'atteindre le ministère de l'Intérieur avant d'être dispersés par des tirs de grenades lacrymogènes des forces de l'ordre.

Selon Ramon Muchacho, maire de Chacao, un quartier de l'est de la capitale, au moins 46 manifestants ont été blessés au cours des échauffourées, marquées par des jets de pierre et de cocktails molotov. Parmi eux figure une femme qui a été écrasée par un véhicule, a indiqué le parquet.

>> Les images de la manifestation et des heurts à Caracas:

A San Cristobal, dans l'Etat de Tachira (ouest), ils étaient plus de 40'000 à défiler, selon une estimation de l'AFP, malgré une situation tendue après le déploiement de 2600 militaires.

"Pour ce 50e jour de résistance, nous allons organiser la plus grande démonstration de force de cette période", avait averti Juan Andrés Mejia, un des jeunes députés à la tête des protestataires.

Bilan total de 47 morts

Selon le dernier bilan du parquet, les incidents qui se produisent désormais quasi quotidiennement ont fait 47 morts. D'après l'ONG Foro Penal, on compte aussi des centaines de blessés, quelque 2200 personnes interpellées et au moins 161 incarcérées sur ordre des tribunaux militaires.

"Cela a été un massacre contre la population, mais malgré tout, malgré la répression (il y a) plus de résistance", a lancé le chef de l'opposition Henrique Capriles, au départ de la marche de Caracas.

L'opposition souhaite des élections anticipées et rejette la décision du chef de l'Etat de convoquer une assemblée constituante pour réviser la Constitution de 1999. Elle estime qu'il s'agit d'une manoeuvre en vue de repousser la présidentielle prévue pour fin 2018.

Contre-manifestation pour la Constituante

Les adversaires de Nicolas Maduro dénoncent une "répression sauvage", tandis que le pouvoir accuse l'opposition de "terrorisme" en vue d'un coup d'Etat soutenu par les Etats-Unis.

Pour sa part, le président aurait dû recevoir samedi soir au Palais présidentiel quelque 2000 salariés du secteur alimentaire qui, vêtus de rouge, ont défilé dans un autre quartier de la ville en dansant et chantant pour soutenir son projet d'assemblée constituante.

Mais ils n'ont finalement pas rencontré Nicolas Maduro à la fin de leur marche. Celui-ci leur a téléphoné pour leur dire notamment: "Gigantesque marche (...) La Constituante est la voie de la paix".

Sept Vénézuéliens sur dix souhaitent le départ du président Maduro, d'après les sondages, une profonde crise économique et sociale attisant la colère populaire dans ce pays pétrolier ruiné par la chute des cours du brut, frappé par de graves pénuries d'aliments et de médicaments et une criminalité hors contrôle.

afp/los/tmun

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