Modifié le 20 février 2017

Quand Trump invente une attaque en Suède, le web répond avec humour

"Regardez ce qui s'est passé en Suède", lance Donald Trump
"Regardez ce qui s'est passé en Suède", lance Donald Trump L'actu en vidéo / 1 min. / le 19 février 2017
Que s'est-il passé la nuit dernière en Suède? C'est la question que se posent les internautes après que Donald Trump a suggéré samedi lors d'un meeting qu'un événement terrible s'est produit dans le pays.

"Regardez ce qui se passe en Allemagne, regardez ce qui s'est passé hier soir en Suède. La Suède, qui l'aurait cru? La Suède. Ils ont accueilli beaucoup de réfugiés, et maintenant ils ont des problèmes comme ils ne l'auraient jamais pensé" a lancé le président américain dans un discours virulent en Floride, défendant sa politique anti-réfugiés.

Donald Trump a également cité les attentats, réels ceux-là, de Bruxelles, Nice et Paris.

#lastnightinSweden

Très vite, la fausse information a fait le tour de Twitter, sous les hashtags #lastnightinSweden (hier soir en Suède) et #SwedenIncident (incident en Suède). L'ex-Premier ministre suédois Carl Bildt a ouvert le feu: "La Suède? Un attentat? Qu'est-ce qu'il a fumé?".

D'autres tweets se moquaient de Donald Trump, publiant de fausses instructions de meubles Ikea et des photos de personnes desespérées... car elles doivent monter une commode:

"Après les terribles événements #lanuitpasséeenSuède, Ikea a vendu tout son stock de:"

"Des scènes de désespoir épouvantable"

Le site officiel national @sweden, qui est tenu chaque semaine par un citoyen suédois différent, a reçu quelque 800 questions en quatre heures.

"Non. Rien de ce genre ne s'est passé en Suède. Il n'y a pas eu d'attaque terroriste. Du tout", a répondu la responsable de la semaine, une bibliothécaire mère de famille.

La fille de Bill et Hillary Clinton, Chelsea, s'est de son côté demandé avec ironie: "Que s'est-il passé vendredi soir en Suède? Ont-ils attrapé les assaillants du massacre de Bowling Green?"

Pas d'attentat évoqué, selon Washington

Face à cette vague de réactions, la Maison Blanche a indiqué dimanche que Donald Trump faisait seulement référence à une récente augmentation du taux de criminalité en Suède lorsqu'il a évoqué la situation migratoire dans ce pays.

La présidence américaine a expliqué que Donald Trump n'avait pas fait référence à un événement tragique en particulier lors de son discours.

Selon la Maison Blanche, Donald Trump a abordé cette question à partir d'un certain nombre d'informations qui évoquaient une hausse de la criminalité. Le président a lui-même affirmé plus tard sur Twitter avoir fait référence à un reportage sur les immigrés en Suède vu sur la chaîne Fox News.

 

La chaîne Fox News a diffusé vendredi soir un reportage dans lequel elle affirmait que la Suède connaissait des problèmes de criminalité liés à la présence de migrants sur son territoire.

agences/tmun/jgal

Publié le 19 février 2017 - Modifié le 20 février 2017

Plusieurs attaques inventées

Ce n'est pas la première fois que des membres de l'administration Trump font référence à des attaques terroristes inexistantes - expliquées ensuite par des lapsus.

Ainsi la conseillère de Donald Trump Kellyanne Conway a fait allusion au "massacre de Bowling Green" lors d'une interview. Elle a expliqué ensuite qu'elle voulait parler des "terroristes de Bowling Green", deux Irakiens inculpés en 2011 pour avoir tenté d'envoyer de l'argent et des armes à Al-Qaïda.

Et le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a parlé trois fois en une semaine de l'attentat d'Atlanta (Géorgie) - avant de se souvenir que celui-ci avait en réalité eu lieu à Orlando en Floride.

La Suède demande des précisions

L'ambassade de Suède à Washington a demandé dimanche au département d'Etat américain des explications sur les déclarations de Donald Trump. Interrogé sur une éventuelle réponse, le département d'Etat a fait savoir qu'il ne communiquait pas sur les communications diplomatiques.

La ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström a également publié une mise au point sur Twitter, sans mentionner le président américain, rappelant l'importance du respect de la science, des faits et de la presse.