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Alexis Tsipras a été officiellement investi Premier ministre grec

Grece [RTS]
Nomination officielle d'Alexis Tsipras au poste de Premier ministre de la Grèce / L'actu en vidéo / 1 min. / le 26 janvier 2015
Vainqueur des législatives avec son parti Syriza, Alexis Tsipras a été nommé lundi Premier ministre de la Grèce. Il va former un gouvernement de coalition avec le parti Grecs indépendants.

Alexis Tsipras, dirigeant de la gauche radicale Syriza arrivée en tête des législatives grecques, a été désigné lundi Premier ministre après avoir prêté serment auprès du président de la République Carolos Papoulias. Agé de 40 ans, Alexis Tsipras devient le plus jeune Premier ministre grec depuis 150 ans.

"Je servirai toujours la Grèce et l'intérêt du peuple grec", a déclaré Alexis Tsipras en costume bleu, sans cravate comme à son habitude, lors d'une prestation civile, une première en Grèce, pays orthodoxe, où cette cérémonie revêt d'ordinaire un caractère religieux.

Gouvernement de coalition

Son parti anti-austérité va former un gouvernement de coalition avec l'appui du parti des Grecs indépendants (ANEL), a annoncé un peu plus tôt Panos Kammenos, président de cette petite formation de droite.

Après décompte d'environ 99,8% des suffrages, Syriza a obtenu 36,3% des voix dimanche. Totalisant 149 sièges sur 300 au Parlement, le parti anti-austérité a raté de deux sièges la majorité absolue, fixée à 151 sièges. Mais avec les 13 sièges des indépendants ANEL, la coalition disposera de 162 sièges.

Sans compter qu'un accord avec le nouveau parti pro-européen de centre-gauche "To Potami" (17 sièges) et les communistes du KKE (15 sièges) n'est pas exclu.

Négociations avec l'Europe

La composition du gouvernement devrait être annoncée mardi. L'économiste Yanis Varoufakis devrait y faire part.

Inquiets de la volonté de Syriza de "fermement" renégocier l'énorme dette grecque, les ministres des Finances de la zone euro doivent discuter de la Grèce à Bruxelles.

Après une légère baisse à l'ouverture, les Bourses semblaient rester de marbre lundi face à la victoire du parti anti-austérité.

agences/bri

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Les résultats définitifs dans le détail

1) Syriza (gauche radicale anti-austérité): 36,3% des voix, 149 sièges
2) Nouvelle Démocratie (conservateurs du Premier ministre sortant Antonis Samaras): 27,81%, 76 sièges
3) Aube dorée (néonazis): 6,28%, 17 sièges
4) To Potami (pro-européen de centre-gauche): 6,05%, 17 sièges
5) KKE (communistes): 5,47%, 15 sièges
6) ANEL(Grecs Indépendants): 4,75%, 13 sièges
7) Pasok (socialistes): 4,68%, 13 sièges (33 en 2012)

Résultats portant sur le décompte de 99,8% des bulletins

La communauté internationale appelle à la stabilité

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a indiqué s'attendre à ce que le nouveau gouvernement respecte les engagements de la Grèce.

En France, le président François Hollande a félicité Alexis Tsipras, tout en lui faisant part de "sa volonté de poursuivre l'étroite coopération, au service de la croissance et de la stabilité de la zone euro".

En Grande-Bretagne, le Premier ministre David Cameron s'est ouvertement inquiété sur Twitter d'une élection grecque qui "accroîtra l'incertitude économique en Europe".

En Espagne, le ministre de l'Economie a assuré ne pas craindre une contagion avec le mouvement Podemos.

Selon le ministre des Affaires étrangères en Italie, "deux mots-clés sont importants aujourd'hui": respect de la démocratie et flexibilité.

Alexis Tsipras devra faire des compromis, a estimé le président du Parlement européen Martin Schulz.

La Maison Blanche a indiqué lundi espérer travailler "étroitement" avec le prochain gouvernement.

Le président russe Vladimir Poutine a souhaité "du succès" à Alexis Tsipras, se disant certain qu'ils pourront coopérer pour régler les problèmes dans le monde.