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Situation toujours "très tendue" en Nouvelle-Calédonie, secouée par des émeutes

Après 4 jours d’émeutes, l’armée française est déployée en Nouvelle-Calédonie, et le réseau social Tik Tok a été interdit
Après 4 jours d’émeutes, l’armée française est déployée en Nouvelle-Calédonie, et le réseau social Tik Tok a été interdit / 19h30 / 1 min. / jeudi à 19:30
La Nouvelle-Calédonie a été le théâtre d'affrontements entre émeutiers et forces de l'ordre pour la troisième nuit d'affilée. L'armée s'est déployée dans le territoire français du Pacifique.

La situation reste "très tendue", a annoncé Gabriel Attal en début d'après-midi, à l'issue de la réunion d'un nouveau conseil de défense à l'Elysée. Le Premier ministre a fait état de "pillages, d'émeutes, d'incendies, d'agressions", pour lesquels le gouvernement veut les sanctions "les plus lourdes".

>> A lire également : "Situation insurrectionnelle", "état de guerre civile"; mais pourquoi la Nouvelle Calédonie s'embrase?

Les autorités comptent déployer jusqu'à 2700 agents des forces de l'ordre d'ici vendredi soir. Gabriel Attal a également annoncé l'interdiction du réseau social TikTok, utilisé par les émeutiers.

La nuit de mercredi à jeudi "a été moins violente" que les deux précédentes, avait estimé plus tôt dans la journée le représentant de l'Etat dans l'archipel, Louis Le Franc, même si elle a encore été le théâtre d'affrontements "très importants".

>> Les explications du 12h30 :

Un véhicule blindé de la gendarmerie à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, le 15 mai 2024. [AFP - DELPHINE MAYEUR]AFP - DELPHINE MAYEUR
L'armée est déployée en Nouvelle-Calédonie, où la troisième nuit d'émeutes a été plus calme que les précédentes / Le Journal horaire / 24 sec. / jeudi à 09:02

Barricades d'autodéfense

Dans l'agglomération de Nouméa, chef-lieu du territoire, les riverains ont commencé à organiser la défense de leurs quartiers et érigé des barricades de fortune, sur lesquelles ils ont planté des drapeaux blancs.

Policiers et gendarmes ont procédé à plus de 200 interpellations depuis lundi. Les forces de l'ordre ont subi des "tirs nourris de carabines de grande chasse", a déclaré Louis Le Franc.

Le bâtiment du Sénat coutumier a été incendié, selon son service de communication, sans que l'ampleur des dégâts soit immédiatement connue.

Pillages et incendies

Symbole de cette nouvelle flambée de violence, le quartier pauvre d'Auteuil, où des tirs nourris résonnaient encore au petit matin, était très endommagé jeudi, avec un supermarché incendié et des commerces et restaurants brûlés et pillés.

"Nous venons ramasser ce qu'il y a dans les magasins pour manger (...) On a besoin de lait pour les enfants. Je ne considère pas que ce soit du pillage", a affirmé une habitante d'Auteuil, qui a requis l'anonymat.

>> Le sujet du 12h45 de mercredi :

Depuis lundi, l’archipel français de Nouvelle Calédonie est secoué par de graves violences
Depuis lundi, l’archipel français de Nouvelle Calédonie est secoué par de graves violences / 12h45 / 1 min. / mercredi à 12:45

Un fonds de reconstruction réclamé

A Paris, le président français Emmanuel Macron a renoncé jeudi à un déplacement prévu à Flamanville (Manche) afin de présider une "réunion de suivi" sur la situation en Nouvelle-Calédonie.

Il a proposé aux élus calédoniens d'avoir "un échange par visioconférence" à son issue. Mais celui-ci n'aura pas lieu, les "différents acteurs ne souhaitant pas dialoguer les uns avec les autres pour le moment", a annoncé l'Elysée.

La principale figure du camp non-indépendantiste, la présidente de la province Sud et ex-secrétaire d'Etat Sonia Backès, a réclamé jeudi dans un courrier à Matignon que la France accepte la mise en place d'un "fonds exceptionnel de reconstruction" pour effacer les stigmates de trois nuits de "violence inouïe", don telle a chiffré le coût à 150 millions d'euros.

Les principaux partis politiques du territoire et les autorités avaient appelé au calme mercredi, face à cette vague de violences, la plus grave depuis les années 1980.

afp/ami

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Un gendarme meurt après un coup de feu accidentel

Un gendarme a été tué jeudi matin en Nouvelle-Calédonie à la suite d'un "tir accidentel", a annoncé le ministre de l'Intérieur et des outre-mer, Gérald Darmanin. "Il ne s'agit pas d'un tir ennemi", a-t-on précisé de source proche du dossier.

Ce décès porte à cinq, dont deux gendarmes, le nombre de morts en Nouvelle-Calédonie depuis le début des émeutes lundi.

Gérald Darmanin qualifie les indépendantistes du CCAT d'organisation "mafieuse"

Les forces de l'ordre ont procédé à "plus de 206 interpellations" en Nouvelle-Calédonie et "dix leaders mafieux du CCAT", un groupe indépendantiste, ont été assignés à résidence, a annoncé jeudi Gérald Darmanin.

Le ministre a ajouté que "plus d'une vingtaine d'assignations supplémentaires" seraient prononcées jeudi à l'encontre de membres de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), la frange la plus radicale du Front de libération Kanak socialiste (FLNKS).

Cette organisation "est mafieuse, violente, commet des pillages, des meurtres" et n'est "pas politique", a accusé Gérald Darmanin, interrogé sur France 2.

Un réforme constitutionnelle contestée

Les députés français ont accepté dans la nuit de mardi à mercredi une réforme constitutionnelle qui a mis le feu aux poudres. Elle avait déjà passé la rampe au Sénat le 2 avril.

Ce texte devra encore être voté par les parlementaires qui doivent se réunir avant "fin juin" en Congrès à Versailles, sauf si un accord sur un texte global entre indépendantistes et loyalistes intervient auparavant, a fait savoir le président de la République.

Le texte voté vise à élargir le corps électoral aux élections provinciales, enjeu crucial dans l'archipel. Les partisans de l'indépendance estiment que cette modification risque de réduire leur poids électoral et marginaliser "encore plus le peuple autochtone kanak".