Modifié

Il y a quarante ans, les massacres de Sabra et Chatila ensanglantaient le Liban

Femmes palestiniennes des camps de Sabra et Chatila, photographiées au lendemain des massacres du 16 au 18 septembre 1982. [Keystone]
Il y a 40 ans, entre 800 et 2000 réfugiés palestiniens étaient massacrés dans les camps de Sabra et Chatila / Le 12h30 / 2 min. / le 17 septembre 2022
C’était il y a quarante ans au Liban: lors des massacres dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila, entre 800 et 2000 Palestiniens et Palestiniennes avaient été tués, mais aussi une centaine de Libanais ainsi que des Syriens.

Les Palestiniens commémorent ces jours-ci cette tuerie. Une cérémonie s’est tenue vendredi dans les camps aux portes de Beyrouth. Une fanfare de scouts palestiniens a défilé devant le mémorial des massacres de Sabra et Chatila, une stèle au milieu d’un terrain ocre, lieu d’une fosse commune. Une foule est venue se souvenir: des survivants et survivantes, des cadres politiques palestiniens, des Européens solidaires.

Les perpétrateurs de ces massacres sont des milices chrétiennes, introduites dans les camps et éclairées la nuit par l’armée israélienne, qui avait envahi l’ouest de Beyrouth. Ce massacre avait alors horrifié la gauche israélienne. Quarante ans plus tard, la justice n’a toujours pas été rendue.

Témoignage d'une survivante

Leila El-Ali, à la tête de l’ONG Najdeh, militante et activiste féministe palestinienne, a longtemps habité le camp de Chatila. Si elle a survécu, c’est parce qu’elle s’est réfugiée hors des ruelles du camp juste avant l’irruption des milices chrétiennes alliées d’Israël. Au micro de la RTS, elle raconte son histoire.

"Certains de nos voisins de Chatila ont été arrêtés et ne sont jamais revenus. Nous nous sommes réfugiés chez des proches, non loin du camp. Quand nous avons vu les fusées éclairantes au-dessus du camp, durant toute la nuit, nous avons compris que quelque chose allait mal".

Les journalistes et secouristes qui entreront juste après les tueries seront révulsés par la sauvagerie des meurtres. Un sujet dont Leila el-Ali aime peu parler. C'est par l'engagement politique qu'elle s'est relevée de ce drame.

"Le massacre a été un tournant pour moi. J’ai été plus déterminée à continuer dans l’engagement politique. Même si l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) avait quitté le Liban, nous les Palestiniens étions toujours là, nous pouvions nous organiser pour défendre nos camps et nos gens de différentes façons", explique-t-elle.

Propos recueillis par Laure Stephan

Adaptation web: Julien Furrer

Publié Modifié