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Le tourisme fiscal est de moins en moins pratiqué en Suisse

20% de travailleurs aux plus bas revenus, environ 650 millions de personnes, se partagent moins d'1% des rémunérations. [Martin Rütschi - Keystone]
Le tourisme fiscal est de moins en moins pratiqué en Suisse / La Matinale / 58 sec. / le 15 mars 2021
La pratique du tourisme fiscal en Suisse appartiendra-t-elle bientôt au passé? Une analyse de l'Université de Bâle, publiée dimanche dans la presse alémanique, le montre: pour la première fois depuis des décennies, l'impôt des hauts revenus a augmenté dans notre pays.

Le temps où cantons et communes se faisaient concurrence pour attirer les riches contribuable pourrait être révolu. L'analyse de l'Université de Bâle le montre: entre 2009 et 2016, les impôts des hauts revenus en Suisse ont augmenté de 4%.

Les économistes expliquent ce changement de tendance par la débâcle financière de certaines administrations, à l'instar de Schwyz: petit canton connu pour sa politique fiscale généreuse, mais qui a dû relever son niveau d'imposition après des années de comptes déficitaires.

Auto-régulation

Mais ce que relève aussi l'étude, c'est qu'il est de moins en moins possible pour les personnes aisées de s'inscrire dans une commune et d'habiter ailleurs, car les contrôles se sont renforcés.

Il y a donc parallèlement aussi une forme d'auto-régulation qui s'est mise en place. Les riches choisiraient de plus en plus des villes où il fait bon vivre, quitte à y mettre le prix.

>> Ecouter aussi l'interview de Xavier Oberson, professeur de droit fiscal à l’Université de Genève:

Xavier Oberson. [Jean-Christophe Bott - Keystone]Jean-Christophe Bott - Keystone
Le tourisme fiscal est de moins en moins pratiqué en Suisse / interview de Xavier Oberson / La Matinale / 1 min. / le 15 mars 2021

Joëlle Cachin/kkub

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Entre pertes et bénéfices, la Suisse tire finalement profit de l'évasion fiscale

La fraude fiscale coûterait 5,7 milliards de dollars (5,3 milliards de francs) chaque année à la Suisse, affirme la SonntagsZeitung, se référant à un rapport de l'ONG Tax Justice Network. Mais la Suisse étant également un pays d'accueil pour l'évasion fiscale, elle se trouve au final en situation de bénéfice.

Cette dernière s'est basée sur les données de l'Organisation pour le développement et la coopération économiques (OCDE). Les pertes annuelles de la Suisse dues à l'évasion fiscale des entreprises s'élèvent à 881 millions de dollars et celles dues au transfert de fonds par des particuliers fortunés vers des paradis fiscaux à 4,8 milliards de dollars (4,5 milliards de francs), soit 5,7 milliards (5,3 milliards de francs) au total.

Bénéfice final

Cette somme correspond à 4% des recettes fiscales. Les principaux bénéficiaires de cette évasion fiscale sont les Pays-Bas, le Luxembourg et les États-Unis.

Mais la Suisse figure aussi parmi les bénéficiaires, en recevant chaque année 12,84 milliards de dollars (11,9 milliards de francs), transférés d'autres pays. Au final, elle réalise un bénéfice net de 7,16 milliards de dollars (6, milliards de francs) et ce, chaque année.