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Journée mondiale du refus de la misère

La Suisse compte près de 380'000 pauvres, selon l'OFS. [Keystone]
La Suisse compte près de 380'000 pauvres, selon l'OFS. [Keystone]
Le nombre de personnes vivant dans une pauvreté extrême à travers le monde a augmenté cette année de 100 millions en raison des crises alimentaire et pétrolière, selon les chiffres de la Banque mondiale.

Près de la moitié de la population mondiale vit dans la
pauvreté. La crise financière mondiale touchera particulièrement
les plus démunis et renforcera encore la misère, ont déclaré
Amnesty International et ATD Quart Monde à l'occasion de la Journée
mondiale du refus de la misère.

Vendredi devant la presse à Berne, Amnesty International et ATD
Quart Monde ont fait part de leurs inquiétudes concernant les
conséquences de la crise financière mondiale qui fait rage
actuellement. "Il est à craindre que les plus défavorisés soient
les plus touchés", a souligné Daniel Bolomey, secrétaire général de
la section suisse d'Amnesty International.

Une question de droits humains

La pauvreté n'est pas simplement une fatalité, mais la
conséquence et la cause de violations des droits de l'homme à
travers le monde. "Il s'agit du plus grand scandale des droits
humains de notre époque", a déclaré Daniel Bolomey.

"Le refus de la misère n'est pas uniquement la revendication d'une
meilleure rétribution et d'un meilleur partage des richesses. C'est
aussi l'exigence de protéger les droits humains fondamentaux",
a-t-il expliqué.

Différents événements organisés par Amnesty International et ATD
Quart Monde ont actuellement lieu à travers toute la Suisse,
notamment à Genève et Lausanne. Des personnes touchées par la
pauvreté y évoquent leurs expériences de vie.

ats/jeh

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Exprimer la pauvreté

AI et ATD Quart Monde soulignent que le fossé entre riches et pauvres se creuse chaque jour un peu plus, notamment en Suisse.

Selon l'Office fédéral de la statistique, près de 380'000 personnes vivent en-dessous du seuil de pauvreté dans notre pays, soit environ 9% de la population.

Mais la pauvreté reste un tabou et le chiffre réel est certainement plus élevé.

"Beaucoup de personnes vivent en-dessous du seuil de pauvreté mais ne révèlent pas leur situation. Elle ne veulent pas s'exposer publiquement", a précisé Edith Olibert, directrice du Département des affaires sociales de la ville de Berne.

Il est déterminant de faire entendre la voix des personnes concernées, a déclaré pour sa part Peter Furrer, président de ATD Quart Monde Suisse.

"Nous devons créer des lieux pour permettre à ceux vivant dans la pauvreté de s'exprimer dans l'espace public et de s'impliquer dans le dialogue de la société."