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En Chine, une exposition de propagande célèbre la victoire face au Covid-19

Des gens visitent une exposition sur le coronavirus à Pékin. On peut notamment voir ici, un tableau du célèbre pneumologue Zhanh Nanshan (à droite) réalisé par l'artiste Feng Zhaoxie. [STR - afp]
"L’Union fait la force", l'exposition de propagande post-coronavirus du Parti communiste à Pékin / Le 12h30 / 2 min. / le 20 août 2020
Depuis le début du mois d'août, une exposition inédite mettant en scène les héros de la lutte contre le Covid-19 est présentée à Pékin. Plus de 200 peintures et sculptures à la gloire du Parti communiste sont entreposées, dans une vaste opération de propagande domestique.

Depuis de très nombreuses semaines, le message martelé par les autorités à sa population est limpide: à coups de sacrifices, d'abnégation, de courage, et surtout, grâce à un leadership exemplaire, la Chine est venue à bout du coronavirus.

C'est ce même message qui ressort en filigrane de l'exposition organisée dans la capitale. Des tableaux réalistes, dignes des plus grandes heures du maoïsme, dépeignent infirmières, soldats au front, les poings levés face aux emblèmes communistes .

Une exposition pour les nationaux uniquement

L'opération de propagande est purement destinée aux citoyens: seuls les détenteurs d’une carte d’identité chinoise peuvent y accéder.

Les événements officiels de ce type se multiplient actuellement à travers le pays. Récemment, plusieurs personnalités de la lutte contre le Covid-19 ont été décorées officiellement par l'Etat chinois tels des soldats à la fin d'une guerre.

Une guerre dont la Chine sortirait victorieuse. Les autorités aiment d'ailleurs à exploiter ce contraste avec l'extérieur, à l'heure où la situation en Europe reste tendue et où le virus fait toujours des ravages aux Etats-Unis.

Si le parti cherche à mettre en avant l'efficacité réelle de sa réponse, il omet ses défaillances initiales et ses dissimulations. Pour rappel, l'Etat avait menacé et réduit au silence de nombreux lanceurs d'alerte à Wuhan, premier foyer de la pandémie. Il avait également nié pendant des semaines le caractère contagieux du virus, favorisant sa propagation.

Une vague de colère éteinte par la propagande

Si dans un premier temps ces errements avaient provoqué une vague de colère dans le pays, très visible sur les réseaux sociaux chinois, la machine de propagande a depuis brouillé les pistes.

Pékin a décidé d'accabler les autorités locales, en faisant tomber le maire de Wuhan et le gouverneur de la province du Hubei. Le parti n'a ensuite eu de cesse de se présenter comme le pompier et sauveur du peuple. Les publicités à la radio, à la TV et les banderoles rouges dans les rues, les bus et les métros se sont multipliées.

Cette exposition confirme le matraquage d'une propagande qui, couplée à la débâcle américaine, a fini de convaincre les Chinois.

"La Chine a bien réagi, dès le début (...) l'Europe et les Etats-Unis ont ignoré nos mises en garde". Ces propos, on peut désormais les entendre un peu partout en Chine, de la part de Monsieur et Madame tout le monde.

Comme dans la plupart des crises, le pouvoir central a dégainé un nationalisme exacerbé pour rallier la population à sa cause.

Michael Peuker/ther

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