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Emmanuel Macron et Donald Trump, guerre et paix au sommet de l'OTAN

Emmanuel Macron et Donald Trump en tête-à-tête avant le sommet de l'Otan
Emmanuel Macron et Donald Trump en tête-à-tête avant le sommet de l'Otan Forum / 2 min. / le 03 décembre 2019
Les présidents français et américain se sont rencontrés mardi à Londres, en marge du sommet de l'OTAN. Ils ont fait souffler le chaud et le froid sur leurs relations bilatérales et celles avec l'alliance qui célèbre ses 70 ans.

Quelques heures avant le tête-à-tête entre les deux chefs d'Etat, Donald Trump a attaqué de front Emmanuel Macron qui avait estimé l’Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) "en état de mort cérébrale." Le président américain s'en est pris à ce jugement, le qualifiant de "très insultant" et de "très, très méchant à l'adresse de 28 pays", lors d'une conférence de presse avec le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg.

De son côté, et lors de la conférence de presse commune à l'issue de l'entretien bilatéral avec Donald Trump, Emmanuel Macron a maintenu et répété sa critique sur l'alliance. "Je sais que mes propos ont suscité des réactions, ont un peu secoué, mais je les maintiens", a déclaré le chef de l'Etat français, en anglais, au côté du président américain.

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Propos apaisants devant la presse

Devant les journalistes, les deux présidents ont néanmoins fait preuve, aussi, de plus de conciliation. Donald Trump a ainsi loué la "très bonne relation" franco-américaine et affirmé qu'il y avait besoin de plus de "flexibilité" au sein de l'Alliance atlantique.

L'un et l'autre ont par ailleurs estimé pouvoir régler leur conflit commercial lié à la taxe française sur le numérique (taxe GAFA), à laquelle Washington a répliqué en menaçant de surtaxer des produits français emblématiques.

"Nous avons un différend mineur. Je pense que nous allons probablement pouvoir le surmonter", a déclaré Donald Trump. "Je pense qu'avec le président Trump nous pouvons régler cette situation", a estimé pour sa part le président français.

Appel au dialogue avec la Russie

Emmanuel Macron a appelé par ailleurs à un dialogue stratégique "sans naïveté" avec la Russie "pour réduire la conflictualité" avec ce pays. Mais il a réclamé comme "précondition" des "avancées" sur le règlement de la crise entre la Russie et l'Ukraine.

Emmanuel Macron a également plaidé pour un nouveau traité INF sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. "La France, l'Allemagne et les autres pays européens sont maintenant menacés par de nouveaux missiles russes", a-t-il souligné.

>> Les précisions dans le 19h30:

Isabelle Ory: "Ce soir, Erdogan est le mouton noir dont les Alliés se seraient peut-être passés."
19h30 - Publié le 03 décembre 2019

Agences/oang

Publié le 03 décembre 2019 à 19:01 - Modifié mercredi à 13:53

Anniversaire dans un climat de zizanie

Des rencontres officielles au complet étaient prévues mardi soir à Buckingham Palace et mercredi dans un golf de luxe en périphérie de Londres, à l'occasion des 70 ans de l'Alliance atlantique.

Mais les commémorations s'annonçaient peu festives, compte-tenu des différends sur la Syrie ou la petite phrase assassine d'Emmanuel Macron.

Hôte de la rencontre, le Premier ministre britannique Boris Johnson comptait appeler les 29 pays membres à l'unité, mais les noms d'oiseaux ont commencé à pleuvoir dès la semaine dernière.

Répliquant aux déclarations d'Emmanuel Macron sur l'OTAN, le président turc Recep Tayyip Erdogan lui avait lancé: "Fais d'abord examiner ta propre mort cérébrale!"

Outre les attaques contre la France, Donald Trump a lancé de son côté une nouvelle charge contre les "mauvais payeurs" de l'OTAN, et notamment l'Allemagne.

S'invitant dans le débat, le président russe Vladimir Poutine a dénoncé mardi le comportement "pas correct voire grossier" de l'OTAN, accusée par le Kremlin d'avoir continué à s'agrandir malgré les promesses faites selon le Kremlin avant la chute de l'URSS.

"Convergence très forte sur la Syrie"

La réunion quadripartite entre la Turquie, la France, le Royaume-Uni et Allemagne qui s'est tenue mardi à Londres a permis de réaffirmer une "convergence très forte" sur la Syrie sans toutefois "lever toutes les ambiguïtés" d'Ankara, a déclaré Emmanuel Macron.

"Mais il y a une claire volonté réaffichée de dire que la priorité absolue dans la région est la lutte contre Daech et le terrorisme et que rien ne saurait la divertir", a-t-il ajouté.

Les quatre participants ont également souhaité "poursuivre et intensifier" la coopération sur la question des réfugiés et ont réaffirmé "leur engagement de poursuivre le travail politique comme étant la sortie de crise en Syrie", a-t-il poursuivi. "Ces trois priorités ont fait l'objet d'un accord entre les parties présentes".