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Tollé en Grèce après une descente de police contre des mineurs au cinéma

Une affiche du "Joker" en Grèce. [Sakis Mitrolidis - AFP]
Grèce: la police chasse des mineurs de deux cinémas projetant le Joker / Le 12h30 / 2 min. / le 24 octobre 2019
La police grecque est intervenue ce week-end dans deux cinémas d'Athènes où une dizaine de mineurs regardaient le film "Joker" pour leur ordonner de sortir de la salle, une action largement dénoncée dans ce pays sensible à la censure.

La police, et plus spécifiquement une unité des forces anti-émeute, a fait irruption casquée et armée dans une salle de cinéma où le film "Joker", interdit pour les mineurs en Grèce, était projeté. Les forces de l'ordre ont procédé à une vérification des identités et embarqué les mineurs, même ceux accompagnés de leurs parents.

Avec une deuxième opération du même type le lendemain, c'est un total de 19 mineurs qui ont été concernés. De mémoire en Grèce, cela n’était jamais arrivé, même sous la dictature où la censure était faite en amont, soit par l’interdiction du film, soit par le retrait des scènes jugées néfastes pour la jeunesse.

Un loi de 1937

D’après l’enquête en cours, deux femmes employées du ministère de la Culture qui regardaient le film ont prévenu la police se basant sur une loi de 1937, à l’époque du dictateur Ioannis Metaxas.

La question que tout le monde se pose, c’est pourquoi les policiers sont intervenus sans ordre de leur supérieur et pourquoi le ministère de la Culture n’a pas été informé en amont? Autant dire que le tollé est général. Le ministre de l’Intérieur, qui a désavoué ses policiers, a annoncé sur les réseaux sociaux qu’il allait voir le film avec son fils mineur.

Le Premier ministre s’est lui borné à souligner que la police se doit d’intervenir quand on l’appelle, mais que si la loi en question est dépassée on peut en discuter.

Une censure toujours plus large

Le cinéma n'est pas le seul à être touché par la censure en Grèce. L’affiche du festival de théâtre qui se tient à Rhodes à la fin du mois a dû être modifiée, car l’originale qui monte une forme humaine avec un masque de cerf sur la tête, a été jugée inappropriée et insultante puisque cet animal est l’emblème de l’ile de Rhodes. Dans ce cas, le ministre de la Culture a approuvé.

Angélique Kourounis/vkiss

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