Modifié le 11 mai 2019 à 14:13

En Allemagne, les prisons pour jeunes délinquants se vident peu à peu

En Allemagne, les prisons pour jeunes délinquants se vident grâce à une baisse de la criminalité.
En Allemagne, les prisons pour jeunes délinquants se vident grâce à une baisse de la criminalité. 12h45 / 2 min. / le 11 mai 2019
L'Allemagne observe un étonnant phénomène depuis quelques années: les prisons pour jeunes délinquants se vident. Si le vieillissement de la population explique en partie cette évolution, la place importante accordée à la réinsertion professionnelle joue aussi un rôle.

Directeur du centre de détention pour jeunes de Herford, dans le nord de l'Allemagne, Jens Waldmann assure samedi dans le 12h45 qu'il a constaté une diminution progressive de la population carcérale ces dernières années. Il a même dû fermer deux quartiers de son établissement il y a quelque mois.

Sur les 355 places que compte cette prison, seules 200 sont occupées. Ce phénomène est évidemment lié au changement démographique, mais pas seulement…

Baisse de moitié de la criminalité juvénile

Entre 2007 et 2015, le taux de criminalité juvénile a baissé de 50% en Allemagne. Une évolution qui suit la courbe du chômage des jeunes.

"Lorsque les jeunes ont du travail, ils sont évidemment moins enclins à faire des bêtises dans leur temps libre et ils commettent moins d’infractions. Il est certain que le taux d’emploi des jeunes en Allemagne a un impact sur la criminalité", explique Jens Waldmann.

Et comme les détenus sont moins nombreux, le personnel pénitentier a davantage de temps à disposition pour s’occuper de chaque prisonnier. A Herford par exemple, tous suivent une formation professionnelle.

L'éducation familiale

Toutefois, pour Sören Kliem, de l'Institut de recherche en criminologie de Basse-Saxe, le taux d’emploi n'est pas la seule explication à cette évolution. A ses yeux, l'éducation post soixante-huitarde est passée par là. Depuis les années 2000, la fessée est en effet interdite en Allemagne.

"L'une des conclusions que nous tirons c’est que l’acceptation de la violence diminue fortement parmi les jeunes qui n’ont pas subi eux-mêmes de violences de la part de leurs parents. Et lorsque l’acceptation de la violence diminue, les jeunes sont moins enclins à la violence et ne la tolèrent pas dans le cercle d’amis", explique Sören Kliem.

Point noir dans cette évolution, la criminalité est repartie à la hausse depuis la crise migratoire de ces dernières années. L'absence de perspectives et une éducation qui légitime le recours à la violence sont avancées comme explications. Reste à savoir si l’Allemagne réussira à appliquer sa recette contre la criminalité aux populations récemment immigrées.

Anne Mailliet/boi

Publié le 11 mai 2019 à 14:10 - Modifié le 11 mai 2019 à 14:13