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Plusieurs ONG quittent le Burundi dénonçant des fichages ethniques

Burundi: le pays s'isole de plus en plus. Des ONG ont quitté le territoire car elles refusaient d’appliquer des quotas ethniques
Burundi: le pays s'isole de plus en plus. Des ONG ont quitté le territoire car elles refusaient d’appliquer des quotas ethniques / 19h30 / 2 min. / le 18 janvier 2019
Le Burundi, pays d'Afrique de l'Est qui figure parmi les cinq nations les plus pauvres du monde, s'isole de plus en plus. Plusieurs ONG ont quitté le territoire après la décision du gouvernement local d'appliquer des fichages ethniques.

En octobre, le gouvernement du Burundi a demandé aux ONG présentes dans le pays d’appliquer des quotas ethniques pour leur personnel local: 60% de Hutus et 40% de Tutsis. Une mesure calquée sur ce que prévoit la constitution pour l’Assemblée nationale ou certaines administrations.

Comme le Rwanda voisin, la population du Burundi se répartit entre Hutus (85%), Tutsis (14%) et Twas (1%). Depuis les années 1970, le pays connaît régulièrement des épisodes de graves violences inter-ethniques.

Fichage ethnique dangereux

Les quotas ne sont pas censés s’appliquer à la société civile. Plusieurs ONG, dont Handicap International, ont estimé que cette demande allait à l'encontre de leurs principes et ont quitté le pays, craignant un fichage ethnique dangereux. D’autres sont restées en se pliant aux exigences du pouvoir.

"C’est une ligne rouge et clairement il n’était pas question pour nous de la franchir", affirme Jean-Pierre Delomier, directeur de l'action humanitaire de Handicap international.

Le pays est dirigé d’une main de fer par le président Pierre Nkuruziza, un Hutu. Dans un pays fermé aux journalistes étrangers, cette pression sur les ONG lui permet aussi de conforter sa mainmise sur le pays, en écartant ou en intimidant les rares acteurs internationaux qui restent dans le pays.

>> L'analyse d'Annabelle Durand dans le 19h30 :

Annabelle Durand analyse la situation au Burundi
Annabelle Durand analyse la situation au Burundi / 19h30 / 2 min. / le 18 janvier 2019

Tristan Dessert/gma

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