Publié le 10 février 2016

Volkswagen est suspendu aux effets du correctif sur ses véhicules

Des tests indépendants vont être menés sur les moteurs Volkswagen
Des tests indépendants vont être menés sur les moteurs Volkswagen 19h30 / 2 min. / le 10 février 2016
Crucial pour d’éventuels dédommagements, vital pour Volkswagen, l’effet des mises à jour sur la puissance et la consommation des véhicules reste flou. Le TCS mènera des tests avec son homologue allemand, l’ADAC.

Alors que la campagne de rappel vient de commencer avec l’installation des correctifs logiciels pour le pick-up VW Amarok 2.0 l, la question d’une possible baisse de la puissance des véhicules mis à jour se pose. Celle d’une possible hausse de leur consommation aussi. Le TCS mènera prochainement des tests avec l’ADAC, son homologue allemand, pour comparer les performances avant et après l’installation du nouveau logiciel.

Dans un courrier adressé fin janvier à ses clients en Suisse romande, dont la RTS a obtenu copie, AMAG annonce qu'"après ces travaux, tous les modèles concernés répondront aux différentes normes antipollution en vigueur, et cela sans altérer la puissance du moteur, ni la consommation ou les performances". Interrogé sur cette promesse, AMAG précise que le texte original, en allemand, fixe cette neutralité sur les performances comme un objectif que Volkswagen se doit d’atteindre.

De possibles arguments pour les propriétaires

L'importateur ajoute que le Kraftfahrt Bundesamt (KBA), l’autorité allemande compétente pour les 28 Etats membres de l’Union européenne et la Suisse, a reconnu cet objectif comme atteint le 27 janvier dernier pour le modèle Amarok 2.0l. Le KBA lui-même confirme. Selon AMAG, ce feu vert signifie que "le couple et la puissance du véhicule restent inchangés" et que la consommation "reste conforme aux valeurs indiquées à l’origine par le constructeur". Seul l’Amarok a été validé, tous les modèles concernés doivent encore être examinés en cours d’année par le KBA.

Si, lors des tests de l’ADAC, la consommation effective de carburant s’avérait plus importante après installation du correctif, cela représenterait néanmoins un argument pour les propriétaires lésés d’exiger des dédommagements. La baisse de valeur de leurs véhicules sur le marché d'occasion pèserait aussi en ce sens.

A Genève, l’avocat Jacques Roulet, qui représente 600 propriétaires lésés, a confirmé à la RTS qu’il déposera sans attendre au civil une série de demandes en réparation en faveur de ses clients.

Publication des résultats repoussée

Jusqu’ici Volkswagen a toujours refusé d’entrer en matière sur des indemnisations de clients en Europe. Aux Etats-Unis, une indemnité de 1000 dollars est envisagée ainsi que des possibilités de rachat des véhicules par VW auprès des propriétaires lésés. La semaine passée, le groupe Volkswagen a repoussé la date de publication de ses résultats 2015 et de son assemblée générale, invoquant les incertitudes liées au coût de l'affaire des moteurs truqués.

Le scandale avait éclaté en septembre 2015, avec l’aveu par Volkswagen d’avoir introduit un logiciel optimisant les émissions d’oxyde d’azote en conditions de tests sur ses moteurs Diesel 1.2, 1.6 et 2.0 TDI entre 2009 et 2014. Les marques Volkswagen, Audi, Skoda et Seat sont concernées, totalisant 11 millions de véhicules.

>> Le commentaire de Pascal Jeannerat:

Tests indépendant des moteurs Volkswagen: les explications de Pascal Jeannerat
19h30 - Publié le 10 février 2016

Pascal Jeannerat

Publié le 10 février 2016