Modifié le 12 mai 2012 à 15:52

La banque centrale allemande met François Hollande en garde

François Hollande sera reçu par la chancelière allemande Angela Merkel mercredi prochain.
François Hollande sera reçu par la chancelière allemande Angela Merkel mardi prochain. [AP Photo/Lionel Cironneau - ]
L'intention de François Hollande de remettre en cause les accords européens sur l'austérité est très critiquée par le président de la banque centrale allemande. "Combattre les dettes avec les dettes, cela ne fonctionnera pas", prévient-il.

Le président de la banque centrale allemande Jens Weidmann a jugé dangereux, à l'adresse du président français élu François Hollande, de vouloir toucher au statut de la Banque centrale européenne (BCE), au pacte budgétaire européen, ou de créer de la dette. Il a aussi rappelé la Grèce à ses obligations, sous peine de suspension des aides financières. François Hollande est attendu mardi à Berlin.


"Une modification des statuts (de la BCE) serait dangereuse", affirme Jens Weidmann dans un entretien au quotidien Süddeutsche Zeitung, interrogé sur les proposition de François Hollande durant sa campagne de laisser la BCE prendre des mesures de soutien à l'économie ou prêter directement aux Etats. "Les emplois et la croissance économique sont le fruit des échanges commerciaux. La banque centrale est la mieux placée pour contribuer à la stabilité de la monnaie" européenne, a-t-il dit.


La question de l'endettement

"Il faut attendre le programme final du gouvernement" de François Hollande, attendu dès mardi à Berlin, mais "il est clair qu'il faut refuser sa revendication de campagne de détricoter le pacte budgétaire européen", ajoute Jens Weidmann. "Il existe une coutume européenne qui veut qu'on s'en tienne aux accords signés", souligne-t-il.


Concernant les projets de relance de la croissance même au prix d'un endettement, il affirme: "Le nouveau mot-clé est 'croissance' oui je sais (...) Mais chacun comprend autre chose sous ce terme.(...) Toutes les expériences prouvent qu'un endettement trop important handicape la croissance". "Combattre les dettes avec les dettes, cela ne fonctionnera pas", dit-il.


Enfin concernant les aides à la Grèce, il assure qu'il n'y a "pas de diktat économique allemand". Mais "si Athènes ne tient pas parole, ce sera un choix démocratique. La conséquence sera que la base pour de nouvelles aides disparaîtra". Lire aussi: Toujours pas de gouvernement de coalition en Grèce


ats/cab


Publié le 12 mai 2012 à 12:17 - Modifié le 12 mai 2012 à 15:52

Angela Merkel affiche sa bonne volonté

Dans son vidéo-podcast hebdomadaire, un document diffusé par la chancellerie, Angela Merkel a déclaré samedi croire possible un partenariat stable avec le président français élu François Hollande, dont elle a soutenu l'adversaire Nicolas Sarkozy.

Avant la rencontre avec François Hollande mardi après-midi à Berlin, la chancelière allemande a souligné qu'"il s'agira d'une rencontre pour faire connaissance. Mais je pense que de là, grandira une bon travail de coopération".

François Hollande, investi le matin même président de la République française sera reçu avec les honneurs militaires. Un dîner de travail et une conférence de presse sont au programme de ce voyage.

Les deux dirigeants doivent s'entretenir sur la crise dans la zone euro et des relations bilatérales, selon un porte-parole de la chancelière.

Après l'élection du socialiste Hollande le 6 mai, ce dernier avait annoncé que son premier voyage de président serait pour Berlin, et la chrétienne-démocrate Merkel avait assuré qu'elle l'accueillerait "à bras ouverts" en dépit de leur divergences sur le pacte européen de stabilité.

François Hollande veut rouvrir les négociations sur ce pacte discipline budgétaire pour y ajouter des mesures de croissance, ce à quoi l'Allemagne s'oppose fermement.