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Les prix de la viande bio ne peuvent pas être plafonnés, selon la Comco

Un client choisit de la viande dans un rayon boucherie d'un centre commercial de Zurich. [Alessandro Della Bella - Keystone]
Les prix de la viande bio ne peuvent pas être plafonnés, selon la Comco / La Matinale / 1 min. / le 21 juillet 2021
Les ventes de viande labellisée stagnent, car les consommateurs sont découragés par les prix pratiqués par les détaillants, selon la Protection suisse des animaux. L'association veut en favoriser la consommation en réduisant les marges des magasins, mais la Commission de la concurrence s'y oppose.

L'association Protection suisse des animaux a imaginé une solution pour encourager l'achat de viande bio ou labellisée, issue d’élevages plus respectueux des bêtes. Mais elle a annoncé mardi que sa proposition s'était faite balayer par la Commission de la concurrence (Comco).

L'idée se basait sur un principe simple: si du jambon bio coûte 40% de plus à produire que du jambon conventionnel, alors il devrait être vendu 40% plus cher en magasin. Et non le double du prix, comme c'est parfois le cas.

Mais la Comco estime que cela s'apparente à un accord illicite sur les prix, car les détaillants auraient dû adhérer à ce système. Pour Stefan Flückiger, de la Protection suisse des animaux, cette décision est regrettable, car les autres chemins "sont plus difficiles".

"On voulait un système volontaire", explique-t-il dans La Matinale. Il rapporte que certains acteurs du milieu attendaient un feu vert de la Comco pour entrer en matière sur cette proposition. "Maintenant que la Comco a dit non, la discussion est morte", déplore-t-il.

Augmenter le prix du conventionnel

Toutefois, seuls quelques détaillants, comme Aldi, étaient ouverts à cette idée, explique l'association. Les plus grands étaient de toute façon réfractaires.

Contactée, Migros précise par exemple qu'actuellement, elle ne réalise pas de marge plus élevée avec la viande labellisée, et dit travailler "constamment pour offrir la meilleure gamme au meilleur prix".

De leur côté les producteurs bio jugent que la solution est ailleurs. "Les prix pour le bio ne sont pas trop hauts, ce sont le prix pour les produits conventionnels qui sont trop bas", explique ainsi le porte-parole de Biosuisse David Herrmann.

Il estime notamment que l'élevage conventionnel devrait tenir compte de davantage de coûts indirects, comme la pollution de l'eau. Et il renvoie la balle aux politiques. Les prix ne sont donc pas encore près de changer.

Sandrine Hochstrasser/jop

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