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Les mouvements migratoires, "une pression très importante sur le Liban"

Le président de la Confédération Alain Berset lors de sa visite d'Etat au Liban. [Peter Klaunzer - Keystone]
Développement 2 / Forum / 10 min. / le 27 août 2018
Le président de la Confédération Alain Berset est en visite d'Etat au Liban, qui accueille 1,5 million de réfugiés sur son territoire. Il évoque "une pression très importante" pour le pays, qui s'interroge sur les conditions des retours.

"Un million et demi de réfugiés, peut-être même plus, sur un territoire qui est grand comme la Suisse romande, il faut juste se représenter ce que ça signifie", a déclaré Alain Berset, lundi dans l'émission Forum de la RTS. Le Liban est en effet le pays où la densité de réfugiés par habitant est la plus forte au monde.

"C'est une pression très importante et il faut reconnaître ici le rôle très important joué par le Liban, qui a accueilli tous ces gens qui ont fui des situations atroces, qui ont fui la guerre pour se réfugier dans le pays voisin", souligne le président de la Confédération, qui a rencontré lundi le président libanais Michel Aoun, avec lequel il a évoqué la question des mouvements migratoires.

>> Le compte-rendu de la visite dans le 19h30:

Alain Berset en visite d'Etat au Liban. A l'ordre du jour, la question du sort des réfugiés syriens. [RTS]
Alain Berset en visite d'Etat au Liban. A l'ordre du jour, la question du sort des réfugiés syriens. / 19h30 / 2 min. / le 27 août 2018

"Retours volontaires et dans la dignité"

La communauté internationale parle déjà de l'après-guerre en Syrie. Mais est-ce le moment de renvoyer les réfugiés dans leur pays ? "Aujourd'hui, la situation a évolué. Je ne sais pas si on peut dire que la guerre en Syrie est terminée. J'ai l'impression que c'est un petit peu plus compliqué que cela... Mais évidemment, la question de ce qui va se passer pour ces personnes va se poser un jour", répond Alain Berset. Il précise que "la position de la Suisse est très simple et très claire: nous devons pouvoir mettre en place, avec les populations concernées, des retours dans de bonnes conditions: de manière volontaire, et dans la dignité".

"Compréhension" pour la situation du Liban

Le Liban souhaiterait lui que ces retours se réalisent au plus tôt. Alain Berset reconnaît avoir "de la compréhension pour la situation du Liban", qui "a une grande tradition humanitaire", et qui se demande ce qui se passerait si l'important nombre de réfugiés récemment accueilli devait rester durablement. "Il faut voir ce que signifie cette situation et comment rapprocher ces deux positions. Je crois que le Liban comprend bien que les retours ne vont pas pouvoir se faire dans le désordre et aussi vite que possible", estime Alain Berset.

Pour le président de la Confédération, "cette question, qui dépasse largement une question nationale libanaise ou strictement régionale, doit être accompagnée par les institutions internationales, l'ONU" afin de "trouver un certain consensus dans la communauté internationale pour mettre en oeuvre ces retours".

>> Le commentaire de Pierre Nebel sur la visite:

Pierre Nebel, envoyé spécial à Beyrouth, commente la visite d'Etat du Président de la Confédération. [RTS]
Pierre Nebel, envoyé spécial à Beyrouth, commente la visite d'Etat du Président de la Confédération. / 19h30 / 1 min. / le 27 août 2018

Propos recueillis par Chrystel Domenjoz et Christian Favre/jvia

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"La situation a beaucoup évolué en Syrie"

La Suisse va-t-elle accueillir de nouveaux contingents de réfugiés? "C'est une toute autre question, qui n'est pas liée à la situation que l'on a ici, au déplacement derrière la frontière syrienne des personnes réfugiées au Liban", répond Alain Berset.

Il précise que "la Suisse a apporté sa contribution au plus fort de la guerre (...) Nous avons des contributions à apporter car nous avons une longue tradition de solidarité qui doit valoir dans ce cadre-là".

"Nous sommes toujours en contact avec l'ensemble des partenaires, mais la situation a beaucoup évolué en Syrie. Et ce que cela doit signifier pour l'avenir, on verra", conclut-il.