Modifié le 22 février 2018

Fabian Molina: "Au Conseil national, je ne vais pas continuer à provoquer"

Fabian Molina.
L'invité-e de Romain Clivaz - Fabian Molina, successeur de Tim Guldimann au Conseil national L'invité-e de Romain Clivaz / 8 min. / le 07 juin 2015
Fabian Molina (PS/ZH), 27 ans, succédera cet été à Tim Guldimann au Conseil national. Il assure qu'il renoncera au côté frondeur de la Jeunesse socialiste, dont il a été président de 2014 à 2016.

Les membres de la Jeunesse socialiste (Juso) sont habitués des coups d'éclat. Fabian Molina, invité jeudi de La Matinale de la RTS, avait par exemple proposé en 2014, à l'occasion du 1er Août, de sortir le drapeau multicolore de la paix et de laisser le drapeau suisse au placard pour "faire réfléchir au rôle du nationalisme".

"Je ne vais pas continuer dans cette manière de provoquer. Il y a différents rôles dans la politique. Quand on défend la position de la Juso, il faut oser dire les choses fortement, il faut aussi provoquer de temps en temps... Mais comme conseiller national ou dans d'autres rôles politiques, il faut avoir la capacité de faire des alliances, de construire aussi des majorités... c'est ça la différence", estime le Zurichois.

Refus de l'euroscepticisme

Un des dossiers qui lui tient à coeur et qu'il aura l'occasion de traiter à la Chambre basse est celui de l'Europe. Pour lui, la Suisse devrait en être. "Nous vivons dans un monde qui n'est plus dominé par des nations, mais par des multinationales. On a une économie globalisée, et si on ne veut pas perdre notre souveraineté, il faut une politique globalisée", explique celui qui sera le benjamin du National.

Fabian Molina se refuse au scepticisme envers le projet communautaire européen, à ses vastes marchés et à ses accords de libre-échange comme objectifs. "Il faut être sceptique sur des projets concrets que l'UE ou que d'autres vecteurs veulent introduire, c'est exactement cette économie globale dont je parle."

Il estime que "l'Union européenne n'est pas parfaite", mais que "c'est le seul projet que l'on a face à cette globalisation anti-démocratique".

"L'alternative, c'est de rester dans notre petite Suisse, derrière les Alpes, et de laisser décider l'UE, à Bruxelles, à Berlin (...). Ce n'est pas le chemin à prendre pour ce pays, qui a une tradition de participation", conclut-il.

>> Son portrait dans le 12h30 du 19 février:

Fabian Molina (ici, en 2015).
Gaëtan Bally - Keystone
Le 12h30 - Publié le 19 février 2018

Propos recueillis par Romain Clivaz

Adaptation web: Jessica Vial

Publié le 22 février 2018 - Modifié le 22 février 2018

"L'histoire de mon père m'a politisé"

Fabian Molina déclare qu'il n'a "pas vraiment de modèle en politique" et que "chacun doit suivre son chemin". Il évoque toutefois Salvador Allende, l'ancien président du Chili, pays d'origine de son père. "Son histoire m'a beaucoup inspiré et m'a aussi politisé", assure-t-il.

"La démocratisation de notre société, le socialisme démocratique, c'est faisable et c'est possible. C'est quelque chose que j'apprends de l'histoire. J'ai appris de mon père l'importance des droits humains, et de leur défense", souligne le futur conseiller national.