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La presse met en garde la droite contre un "AVSmoins"

Le rejet d'AVSplus n'est pas un blanc-seing à la droite, indique la presse suisse au lendemain de la votation. [Petra Orosz - Keystone]
Le rejet d'AVSplus n'est pas un blanc-seing à la droite, indique la presse suisse au lendemain de la votation. [Petra Orosz - Keystone]
Le rejet de l'initiative de la gauche AVSPlus dimanche par 59,4% des votants ne signifie pas un oui à AVSmoins, avertit lundi la presse. Elle met en garde la droite au moment où le Parlement aborde la réforme Prévoyance 2020.

Si les syndicats et la gauche ne sont pas parvenus à convaincre une majorité de la population, "la droite aurait tort de crier victoire", remarque Le Temps. Un taux d'acceptation de 40,6% correspond à "davantage que le socle électoral des initiants". Plus que la victoire, leur démarche visait avant tout à "peser dans le débat sur la réforme de la prévoyance vieillesse" élaborée par le ministre de l'Intérieur, Alain Berset.

Le quotidien lémanique donne rendez-vous ce lundi, le Conseil national devant entamer les débats du paquet "Prévoyance vieillesse 2020", une réforme globale des premier et deuxième piliers. Car le message sorti des urnes n'est pas un "blanc-seing" accordé à la droite du Parlement pour qu'elle poursuive sur la voie du durcissement unilatéral, renchérissent 24 Heures et le Journal du Jura. Tous deux pointent la tentation d'augmenter l'âge de la retraite à 67 ans, alors que le taux de conversion est amené à chuter.

Feu vert à la réforme

"UDC et PLR disposent, certes, de la majorité absolue au Conseil national (...), mais ils seraient bien inspirés de ne pas se montrer plus royalistes que le roi", avertit le Journal du Jura. "A trop vouloir saler la potion, elle sera imbuvable", lance 24 Heures, qui voit dans le résultat "un apport constructif de la population suisse à un désir raisonnable de réforme de notre système de prévoyance".

Même son de cloche du côté de L'Express, de L'Impartial et du Nouvelliste. "C'est un feu vert pour la réforme globale des deux piliers". "Raisonnables", les Suisses ont préféré répondre à l'évolution démographique et à la baisse des rendements du deuxième pilier plutôt que de céder "à la tentation du 'yaka'". Selon la presse neuchâteloise et valaisanne, l'idée d'un mécanisme automatique augmentant l'âge de la retraite à 67 ans "fera long feu, car même ses partisans se rendent compte qu'elle risque de faire couler l'ensemble de la réforme".

La Liberté se demande quels enseignements la Chambre basse pourra bien tirer du vote. Les citoyens "admettent désormais que l'heure est à une certaine rigueur en matière de retraites". Les rentrées annuelles de l'AVS ne couvrent plus les dépenses, explique le journal fribourgeois. Mais "si les Suisses ont dit non à AVSplus, ils n'ont pas dit oui à une AVSmoins (...) Or, le paquet ficelé par Alain Berset prévoit une diminution des rentes du deuxième pilier".

>> La position du conseiller fédéral Berset sur la réforme de la prévoyance vieillesse:

Votations fédérales - Non à AVSplus: le mot du conseiller fédéral Alain Berset, à Berne [RTS]
Votations fédérales / Non à AVSplus: le mot du conseiller fédéral Alain Berset, à Berne / 19h30 / 3 min. / le 25 septembre 2016

>> Retrouvez notre suivi de la journée de votations: Non à AVSPlus et à l'Economie verte, loi sur le renseignement plébiscitée

ats/ebz

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Stabiliser le système

De l'autre côté de la Sarine, la Neue Zuercher Zeitung voit un triple signal dans le rejet de l'initiative. Les citoyens ont avant tout pensé à l'ensemble du système de retraite, au lieu de leur propre intérêt. Ils ont également tenu compte des tendances démographiques. Enfin, ils estiment que le Conseil fédéral et le Parlement trouveront une solution équilibrée dans la réforme en cours, qui maintienne les prestations actuelles, tout en stabilisant le système.

Pour le Tages-Anzeiger et le Bund, la gauche voulait avec l'initiative donner le ton à la majorité parlementaire bourgeoise sur la réforme en cours. Le "non" clair glissé dimanche dans les urnes devrait au contraire renforcer la droite au Conseil national. La hausse de 70 francs décidée par le Conseil des Etats risque non seulement d'être rejetée à la Chambre basse, mais aussi par le nouveau Sénat.