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Criminels étrangers: l'UDC vante son initiative

Le vice-président de l'UDC Adrian Amstutz (au centre) est venu défendre l'initiative.
Le vice-président de l'UDC Adrian Amstutz (au centre) est venu défendre l'initiative.
L'UDC poursuit sa campagne en vue des votations du 28 novembre. Onze jours après avoir pourfendu devant la presse le contre-projet, le parti est venu vendredi vanter les mérites de son initiative pour le renvoi des criminels étrangers.

Beaucoup de Suisses ne se sentent plus en sécurité en Suisse. La faute, selon l'UDC, à "l'immigration massive effrénée" et "l'attitude laxiste" des tribunaux. En sus de ses affiches aux moutons noirs, le parti entend aussi convaincre la population en avançant une série de chiffres: 59% des personnes condamnées pour homicide sont des étrangers, et ce taux passe à 62% pour les viols et à 91% pour le trafic d'êtres humains.

Schengen vilipendé

A cause de Schengen, Genève est devenu un Eldorado pour la criminalité étrangère, a lancé la présidente de l'UDC genevoise Céline Amaudruz. "Dealers africains, cambrioleurs géorgiens, mendiants roms, toxicomanes lyonnais et autres escrocs balkaniques empoisonnent le quotidien des Genevois". En 2009, le taux d'étrangers à la prison de Champ-Dollon s'élevait à 90,7%, a-t-elle ajouté. La politique de renvoi actuelle ne suffit pas.

"Même quand la volonté politique existe, des expulsions ne peuvent pas être ordonnées car les autorités n'ont pas la marge de manoeuvre nécessaire ou parce qu'elles ne disposent pas d'un appui politique suffisant", a affirmé le vice-président de l'UDC zurichoise Gregor Rutz.

L'initiative fournira cette légitimité et sera contraignante pour tous les cantons, a-t-il poursuivi. Selon lui, le texte de l'UDC ne posera aucun problème du point de vue du droit international public et aucune tension avec l'accord bilatéral de libre circulation des personnes. Tout au plus la règle de non-refoulement, qui empêche le renvoi lorsqu'il y a risque de torture ou de traitement cruel ou inhumain, pourrait compliquer l'affaire.

"Quels droits de l’homme protéger?"

"Il paraît cependant insensé et mal compris par la population de renoncer, à cause de quelques exceptions, à la règle de base selon laquelle les étrangers criminels doivent quitter le pays". "Et quels droits de l'homme s'agit-il de protéger avant tout? Ceux des individus qui tabassent, assassinent, violent ou ceux des personnes qui sont battues, assassinées ou violées ?", a lancé le conseiller national bernois Adrian Amstutz.

L'UDC tient à rejeter les accusations de xénophobie à son égard. Elle en veut pour preuve le soutien à son initiative apporté par le groupe "Nouvelle Patrie Suisse", composé d'étrangers et présidé par sa conseillère nationale lucernoise Yvette Estermann, elle-même d'origine slovaque.

ats/bkel

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Les Eglises protestantes appuient le contre-projet par dépit

Les Eglises protestantes rejettent l'initiative pour le renvoi des criminels étrangers de l'UDC soumise au peuple le 28 novembre. Elles recommandent en revanche d'accepter le contre-projet du Parlement.

Bien que "critique" face au contre-projet, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) conseille de l'accepter pour "barrer la route" à l'initiative, explique-t-elle vendredi dans un communiqué.

La FEPS se réjouit que le contre-projet fasse de la politique d'intégration un but de l'Etat. Elle se désole en revanche qu'il transmette une image négative de la migration. Il serait problématique que cette perception entre dans la constitution, relève-t-elle.