Modifié

L'ancienne conseillère aux Etats genevoise Lisa Mazzone prend les rênes des Vert-e-s suisses

Lisa Mazzone, ancienne conseillère aux États genevoise, présidera les Vert-e-s sans siège au Parlement fédéral
Lisa Mazzone, ancienne conseillère aux États genevoise, présidera les Vert-e-s sans siège au Parlement fédéral / 19h30 / 2 min. / le 6 avril 2024
L'assemblée des délégués des Vert-e-s a élu samedi à Renens la Genevoise Lisa Mazzone présidente du parti au niveau national. Seule candidate, l'ex-conseillère aux Etats, qui a perdu son siège lors des dernières élections fédérales, succède au Zurichois Balthasar Glättli.

Longuement ovationnée par ses pairs, Lisa Mazzone a été élue pour un mandat de deux ans à l'unanimité des 148 délégués présents.

Dans son discours, la nouvelle présidente des Vert-e-s suisses a évoqué le rôle charnière du parti face au repli, à la montée du populisme et du climatoscepticisme.

Aucune intention d'arrêter la politique

Après sa défaite au second tour de l'élection au Conseil des Etats le 12 novembre dernier, elle avait laissé entendre qu'elle allait se retirer de la vie politique. Les jours passant, elle était devenue moins catégorique.

Samedi, elle a expliqué pourquoi, en fin de compte, elle n'arrêtait pas: "Se retirer du monde pour soigner notre jardin intérieur [...], passer son temps à confectionner ses yoghourts vegan et sa lessive durable... La tentation nous guette tous et toutes par moment. Mais ce n'est pas une option, ni pour les Vert-e-s, ni pour moi. Surtout pas maintenant", a-t-elle affirmé.

"Nous avons la responsabilité de nous engager. Parce que nous voulons changer le monde, le rendre plus juste, plus durable et plus heureux", a-t-elle soutenu.

Défis environnementaux

Que ce soit en matière de promotion de l'énergie solaire, d'économie circulaire ou encore de mariage pour tous, les changements "sont là". "Ils sont le résultat de notre engagement visionnaire, opiniâtre, courageux et compétent", a-t-elle déclaré sous les applaudissements.

Pour les Vert-e-s, les solutions aux défis environnementaux et climatiques sont une opportunité unique de changer de paradigme, d’apporter plus d’équité et de permettre à chacune et à chacun d’avoir accès à un bon environnement, à la santé, à un logement de qualité, à une alimentation durable, a-t-elle résumé.

Lisa Mazzone succède à Balthasar Glättli à la tête du parti écologiste. [KEYSTONE - VALENTIN FLAURAUD]
Lisa Mazzone succède à Balthasar Glättli à la tête du parti écologiste. [KEYSTONE - VALENTIN FLAURAUD]

Une première élection en 2011

Née à Genève le 25 janvier 1988, Lisa Mazzone grandit à Versoix, où elle suit sa scolarité obligatoire. Elle tombe très jeune dans le chaudron de la politique, son père étant conseiller communal écologiste. A 18 ans, elle fonde le Parlement des Jeunes dans sa commune.

Après cette première expérience, elle décide d’adhérer aux Vert-e-s genevois. Elle est élue pour la première fois en 2011 au Conseil municipal du Grand-Saconnex, avant de rejoindre le Grand Conseil genevois en octobre 2013, à 25 ans. Un an après, Lisa Mazzone reprend la présidence des Vert-e-s genevois.

En parallèle, elle étudie les lettres à l’Université de Genève, français et latin notamment. En 2010, elle devient coordinatrice de l’association Pro Velo Genève, puis en 2014 chargée de projets.

Benjamine du Parlement

En octobre 2015, à 27 ans, elle est élue au Conseil national et devient la benjamine du Parlement. Après avoir remis son mandat de présidente des Vert-e-s genevois, elle accède à la vice-présidence du parti suisse en avril 2016, une responsabilité qu'elle assume jusqu’en 2020.

En 2019, tout juste trentenaire, elle devient sénatrice. Dans ce milieu plutôt masculin et de droite, elle fait bouger les lignes pour une redéfinition moderne du viol, pour une accélération de la production des énergies renouvelables en Suisse et pour le mariage pour toutes et tous.

Défaite face à Mauro Poggia

Aux élections fédérales fin 2023, c'est le coup d'assommoir: l'ancien conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia lui brûle la politesse en étant élu sénateur au côté du socialiste Carlo Sommaruga. Alors vice-présidente de la Chambre des cantons, elle s'apprêtait à la présider en 2024.

Lisa Mazzone, qui parle allemand et le pratique avec son conjoint schaffhousois, est l'une des rares écologistes à être connue dans tout le pays, en particulier en Suisse alémanique. Mère de deux garçons nés en 2019 et 2021, elle sera la seule Romande à la tête d'un parti national. Une ascension qui s'est effectuée sans les réseaux sociaux, dont elle est absente.

>> A lire également : Lisa Mazzone: "J'ai dit que je ferai vivre mes convictions ailleurs et c'est ce que je fais"

ats/ami

Publié Modifié

"Les Vert-e-s, c'est un projet d'espoir, un projet qui offre un futur"

"C'est avec beaucoup de respect que j'endosse cette responsabilité, j'en mesure le poids", a réagi Lisa Mazzone samedi soir dans l'émission Forum. "Il y a des vents contraires très forts contre les nécessaires mesures environnementales et climatiques à prendre. Or, l'accélération du réchauffement climatique fait déjà partie de l'actualité de notre pays et de nos vies. C'est maintenant qu'il faut pouvoir convaincre, mobiliser et construire des solutions", observe-t-elle.

Sa recette: "Dialoguer et rassembler les forces du changements." Car malgré les défaites électorales, la Genevoise se dit convaincue que "les préoccupations restent" dans la population, parce qu'elles concernent "le quotidien" de beaucoup de monde. "Les Vert-e-s, c'est un projet d'espoir, un projet qui offre un futur", affirme-t-elle. "On voit en ce moment que les jeunes ont toujours moins envie de faire des enfants, fonder une famille. Il manque ce projet d'espoir pour pouvoir se projeter. [...] C'est là que nous faisons la différence. On est l'alternative!"

La seule cheffe de parti à ne pas siéger à Berne

Interrogée sur son poids à l'échelon national en tant que Romande, Lisa Mazzone estime que cela représente bien son parti. "Ce qui a toujours fait la particularité des Vert-e-s, c'est sa force en Suisse romande. C'est aussi un parti convivial, ouvert et en grande partie agricole, aussi en Suisse romande. C'est quelque chose qu'on peut apporter au niveau fédéral" , explique-t-elle. "Et ça montre que la Suisse est un projet commun, où chaque voix et chaque région a sa place."

En plus d'être une rare Romande, Lisa Mazzone sera aussi la seule cheffe de parti à ne pas siéger à Berne. Une particularité qui ne l'handicapera pas, selon elle. Au contraire: "C'est une chance de montrer que la politique se fait aussi en dehors du Parlement. Mais il faut faire le lien", souligne-t-elle, précisant qu'elle sera "évidemment présente lors des séances du groupe parlementaire".

>> Son interview complète :

Lisa Mazzone est devenue la nouvelle présidente des Verts suisses le samedi 6 avril 2024. [Keystone - Valentin Flauraud]Keystone - Valentin Flauraud
Lisa Mazzone élue à la présidence des Vert-e-s: son interview / Forum / 8 min. / le 6 avril 2024

Balthasar Glättli salué

Avant l'élection, les Vert-e-s ont rendu hommage à Balthasar Glättli, président du parti de 2020 à 2024. "Balthasar a toujours dirigé le parti avec un calme olympien, même dans les moments les plus difficiles. Il a su garder le cap, tout en positionnant mieux le parti au niveau stratégique et en continuant à le numériser", a notamment déclaré Aline Trede, cheffe du groupe parlementaire.