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Du diesel aux engrais, les agriculteurs suisses paient le prix fort de la guerre en Ukraine

Les agriculteurs suisses paient le prix fort [RTS]
Les agriculteurs suisses paient le prix fort / 19h30 / 2 min. / le 3 mai 2022
Les effets de la guerre en Ukraine n'en finissent pas de se répercuter sur les prix à la production pour les agriculteurs. Les dernières hausses semblables avaient été enregistrées pendant la crise économique de 2008.

La hausse la plus notable concerne les engrais, où les prix ont parfois doublé par rapport aux prix habituels. "Par exemple, un nitrate d’ammoniaque qui coûtait 45,50 francs l’année passée coûte aujourd'hui 99,90 francs, et les engrais de fond ont aussi augmenté, ce qui représente pour moi une augmentation de 16'000 francs par année", témoigne Martial Savary, agriculteur à Payerne (VD).

Prix des engrais sur le marché mondial [Agristat, 8 avril 2022]Prix des engrais sur le marché mondial [Agristat, 8 avril 2022]

Pour cet exploitant, entre le carburant, les engrais et les aliments pour le bétail, l'augmentation cette année s'élève à 30'000 francs. Selon les statistiques de l'Union suisse des paysans (USP), cette hausse dépasse les 6% en moyenne pour tous les frais liés à la production agricole. En début d'année, cette hausse était déjà marquée par la crise du coronavirus, la guerre en Ukraine l'a fait perdurer. La dernière crise comportant autant de répercussions pour les agriculteurs remonte à 2008, quand le litre de diesel avait dépassé les 2,20 francs.

Un soutien durable

Ces crises successives laissent envisager le pire, selon la Fédération suisse des producteurs de céréales (FSPC) et l'USP, qui exigent une hausse des prix de 5 à 10% afin de soutenir les agriculteurs. "Si on augmente de 10% le prix du pain, cela représente quelques francs par année pour le consommateur, ce qui n’est pas très sensible", explique Pierre-Yves Perrin, directeur de la FSPC.

Mais le consommateur et la consommatrice étant aussi soumis à la hausse des prix des carburants notamment, les trois grands partis bourgeois se sont unis pour réduire les taxes sur les carburants. Estimant que la crise actuelle est partie pour durer, ils souhaitent même inscrire une aide dans la loi pour alléger la pression fiscale, sur les agriculteurs notamment, en cas de récidive. La gauche milite, elle, pour une baisse des primes maladie ou une aide pour les loyers, afin de soulager le pouvoir d'achat de tous les ménages.

Sujet TV: Clémence Vonlanthen et Pascal Sciboz

Adaptation web: Elisa Casciaro

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