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Le National veut taxer les véhicules polluants

Le département de Moritz Leuenberger est au centre des débats
M.Leuenberger a appelé les élus à passer des paroles aux actes
A l'issue du débat fleuve sur la politique climatique et énergétique, le Conseil national a accepté l'idée de taxer les voitures en fonction de leur impact sur l'environnement et de renforcer les normes antipollution.

Désireuse de montrer qu'elle prend au sérieux les changements
climatiques, la Chambre du peuple s'est penchée lors d'un débat
urgent sur une bonne septantaine d'interpellations, motions ou
postulats. Tous les partis ont reconnu la nécessité d'encourager
une consommation économe de courant et de promouvoir les énergies
renouvelables.

Taxer les véhicules polluants

Des propositions en faveur d'une imposition différenciée des
véhicules en fonction de leur impact sur l'environnement et de leur
consommation ont ainsi passé la rampe. Idem de l'idée de réduire le
niveau d'émissions de CO2 admis pour les nouvelles voitures.



Au chapitre des bâtiments, le Conseil fédéral a été prié de
promouvoir plus activement les standards Minergie. Il conviendra
également d'édicter des prescriptions en matière de construction et
de rénovation afin de réduire la consommation d'énergies non
renouvelables.

Potentiel d'économies énorme

Le potentiel d'économie dans les domaines des appareils
électroménagers, des bâtiments et des voitures est «gigantesque», a
souligné Ruedi Lustenberger (PDC/LU). Donner la priorité à
l'efficacité énergétique permettrait d'économiser jusqu'à 60 %
d'électricité, a précisé Barbara Marty Kälin (PS/ZH).



La gauche s'est montrée la plus sévère envers les efforts faits
par la Suisse jusqu'ici. «On s'est contenté pour l'instant de
combattre les symptômes», a déploré Ruth Genner (Verts/ZH). La
Suisse serait bien inspirée de prendre exemple sur l'Union
européenne, qui vise une réduction des émissions de CO2 de 20 à 30
% d'ici 2020, a renchéri Ursula Wyss (PS/BE).

Pas de coercition

La droite s'est élevée contre tout catastrophisme. La Suisse ne
doit certes pas rester les bras croisés, mais «mieux vaut d'abord
convaincre avant de contraindre», a fait valoir Maurice Chevrier
(PDC/VS), résumant le sentiment général prévalant au sein de la
majorité.



Sans compter qu'une «thérapie de choc» entraverait la croissance
économique nécessaire pour mener à bien une politique climatique, a
relevé Werner Messmer (PRD/TG).



ats/jab

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Pas de consensus sur le nucléaire

Les fronts sont en revanche restés figés concernant le nucléaire. Le camp rose-vert a rappelé les risques liés à cette énergie et les réticences de la population. La droite, pour sa part, a insisté sur la pénurie d'électricité qui se dessine selon elle à l'horizon 2015-2020.

Renoncer à la production combinant hydraulique (55 %) et énergie nucléaire (40 %) serait irréaliste, car les alternatives ne suffiront pas à moyen terme, ont prédit tant le PRD que l'UDC. Ils ont salué la volonté du gouvernement d'examiner dans quelle mesure il serait possible d'accélérer les procédures d'autorisation pour la construction de nouvelles centrales.

Leuenberger plaide pour plus de cohérence

Moritz Leuenberger a salué la palette de propositions présentées par le Conseil national lors du débat urgent sur la politique climatique et énergétique. Mais les bonnes intentions ne suffisent pas, a averti le ministre de l'énergie et de l'environnement. Il a appelé les élus à passer des paroles aux actes après les élections fédérales d'octobre.

Le Conseil fédéral présentera son plan d'action pour la promotion des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique d'ici la fin de l'année. Le dispositif se concentrera sur les bâtiments, les appareils électroménagers et les voitures. Des mesures «déterminées» sont nécessaires, a souligné Moritz Leuenberger.