Modifié le 17 mars 2020 à 14:15

La Centrale nationale d'alarme bat le rappel des troupes face au Covid-19

Exercice d'engagement de la Centrale nationale d'alarme en juin 2013 (image d'illustration).
Jusqu’à 8000 militaires pourront être déployés en Suisse pour faire face à l’épidémie Le 12h30 / 2 min. / le 17 mars 2020
La Centrale nationale d'alarme a lancé un appel à la mobilisation de certaines troupes de l'armée, mardi matin, notamment via un message radio diffusé par la RTS. Les militaires concernés sont appelés en soutien dans la lutte contre le Covid-19.

Cet organe de la Confédération (CENAL) doit superviser les situations liées à la protection de la population et les radios de service public font partie du dispositif. Les personnes mobilisées ont également été averties via l'application Alertswiss et par SMS.

Le Conseil fédéral a décidé lundi que jusqu'à 8000 militaires pouvaient être déployés au besoin pour appuyer les cantons sur les plans hospitaliers, logistiques et sécuritaires - du jamais vu depuis la Seconde guerre mondiale.

>> Lire: L'armée déployée dès lundi pour soutenir les hôpitaux face au Covid-19

Les militaires concernés sont environ 3000 à ce stade, essentiellement dans le domaine sanitaire,et ils doivent entrer en service le plus rapidement possible. En principe, ils doivent se rendre sur le site qui leur a été assigné, où ils doivent être formés pendant trois jours.

Ils devraient ensuite pouvoir rentrer chez eux, en attendant d'être mobilisés à nouveau lorsque la situation l'exigera et envoyés là où ce sera nécessaire.

Demandes des cantons

Pour l'instant, seuls 50 militaires sont à pied d'oeuvre au Tessin. D'autres cantons ont fait des demandes qui doivent encore être validées. C'est le cas par exemple de Neuchâtel, qui a sollicité l'armée pour soulager son système sanitaire.

Le Valais avait déjà reçu deux unités en appui pour ses hôpitaux. D'autres éventuels besoins sont en cours d'évaluation. Le canton de Vaud devrait formuler ses souhaits dans la journée.

>> Lire aussi: La Suisse au ralenti après l'état de nécessité décrété par le Conseil fédéral

Marie Giovanola/oang

Publié le 17 mars 2020 à 13:52 - Modifié le 17 mars 2020 à 14:15

"Si on n'est pas en guerre, on en est tout près"

Jusqu'à 8000 militaires pourront donc être appelés en renfort pour des missions sanitaires, logistiques, mais aussi d'aide à la surveillance des frontières.

"Si on n'est pas en guerre, on en est tout près. La situation est vraiment préoccupante. Le scénario tant redouté de la courbe épidémiologique lombarde est en train de se produire en Suisse", constate le chef de l'état-major de conduite dans le canton de Vaud Denis Froidevaux, invité dans La Matinale de la RTS mardi. "Comme dans les guerres et les grandes crises, il faut éviter le syndrome du 'trop peu, trop tard'".

L'armée pour soulager le personnel de santé

Les soldats sanitaires qui seront engagés sont des personnes avec un savoir-faire sanitaire, mais qui, dans le civil, ne sont pas dans le secteur hospitalier. De simples soldats seront-ils assez formés pour cette tâche? "Faites confiance aux citoyens qui s'engagent et au système de milice, il a fait ses preuves. On a pu voir le savoir-faire des soldats sanitaires notamment lors de la Fête des Vignerons, où ils ont assuré le 50% des prestations sanitaires urgentes: massages cardiaques, réanimations par exemple", rassure Denis Froidevaux.

>> L'interview de Denis Froidevaux dans La Matinale: