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Un hôpital public sur dix en Suisse risquerait la faillite

Plus de 38'000 lits sont disponibles dansles hôpitaux helvétiques.  [Jean-Christophe Bott - Keystone]
Un hôpital public sur dix en Suisse risquerait la faillite, selon une étude / Le Journal horaire / 1 min. / le 25 novembre 2019
De nombreux hôpitaux publics suisses vivent depuis longtemps sur leurs réserves financières, révèle une étude citée samedi dans la NZZ am Sonntag. Dix pour cent de ces établissements seraient menacés de faillite.

L'étude publiée lundi se focalise sur la santé financière des hôpitaux en Suisse en se basant sur les comptes annuels de 44 établissements. Selon le cabinet d'audits Price Waterhouse Coopers (PwC), 37 des 44 hôpitaux sondés ne seront plus assez rentables pour demeurer concurrentiels au cours des cinq à dix prochaines années.

Ensemble, ils représentent environ 70% du chiffre d'affaires total du marché hospitalier. Extrapolés aux 163 hôpitaux que compte le pays, PwC estime qu'un établissement sur dix risque de faire faillite. Et ce nombre augmentera si les hôpitaux ne font pas rapidement des concessions sur leurs services, estime la société.

Réorganisation en vue

A l'avenir, il y aura moins d'hôpitaux, mais plus de centres de santé ambulatoires, estiment les auteurs de l'étude. Les soins aigus et la réadaptation sont trop peu rentables pour permettre aux hôpitaux d'augmenter leurs fonds propres et d'investir.

Les hôpitaux sont en train d'épuiser leurs fonds propres, qui ont chuté de 49% à 43% entre 2014 et 2018. Et cette tendance devrait se poursuivre. La situation est toutefois bonne pour 40% d'entre eux, estiment les auteurs de l'étude.

La principale cause de ces difficultés est liée au nouveau financement introduit en 2012. Les hôpitaux reçoivent depuis lors des honoraires forfaitaires pour leurs services. Ceux qui ne travaillent pas assez efficacement ne peuvent plus couvrir leurs coûts.

"Missions d'intérêt général" des hôpitaux publics

Interrogé par la RTS, Mauro Poggia, conseiller d'Etat genevois en charge de la santé, estime qu'il est difficile de comparer hôpitaux publics et privés. Car les structures publiques doivent notamment assumer toute une série de "missions d'intérêt général".

Le conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia. [RTS]RTS
La réaction de Mauro Poggia sur la santé financière des hôpitaux publics / Le Journal horaire / 46 sec. / le 25 novembre 2019

ats/ani

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