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Pour Jacques Fasel, "les jeunes ont raison de manifester collectivement"

L'invité de La Matinale (vidéo) - Jacques Fasel, ancienne figure du grand banditisme
L'invité de La Matinale (vidéo) - Jacques Fasel, ancienne figure du grand banditisme / La Matinale / 9 min. / le 27 mai 2019
"Les jeunes ont raison de manifester plus collectivement, de se battre d'une façon plus pacifique", a déclaré Jacques Fasel, ancienne figure du grand banditisme en Suisse romande et anarchiste convaincu.

Interrogé lundi dans La Matinale de la RTS, à l'occasion de la réédition de son livre "Droit de révolte", Jacques Fasel, qui a donné son nom à la "bande à Fasel", revient sur les révoltes d'aujourd'hui. Condamné à 12 ans de prison pour des braquages à main armée, dont un qui s'est terminé par la mort d'un convoyeur de fonds, il explique avoir tourné le dos à la violence mais pas à la rébellion. "En sortant de prison, j'ai compris que l'action est plus efficace que la réaction".

"La violence est une régression. On pourrait régler les conflits de façon plus pacifique, mais lorsque nous vivons dans un système structurellement violent, je peux comprendre la violence", a-t-il encore expliqué.

"Par contre la violence que nous avons utilisée, les moyens que nous avons utilisés, qui se rapprochaient de la guérilla urbaine, je ne la recommande pas aux jeunes à l'heure actuelle", relève-t-il. "La répression est trop forte, les contrôles sont trop forts, ils ont raison de manifester plus collectivement et de se battre d'une façon plus pacifique, de créer des structures".

"La prison n'est pas capable de réinsérer"

A propos de sa réinsertion réussie, Jacques Fasel explique: "la prison n'est pas capable de réinsérer des gens, ce n'est pas possible de réinsérer des gens entre quatre murs physiques et entre quatre murs humains (le maton, le flic, le juge et l'assistant social)". "La réinsertion je l'ai faite à l'extérieur".

Propos recueillis pas Ludovic Rocchi/lan

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