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Meta et TikTok visées par une enquête sur la diffusion des fakes news

Tik Tok a été accusé plusieurs fois de permettre à ses utilisateurs de diffuser de fausses informations (image d'illustration). [EPA / Keystone - Andy Rain]
L'UE ouvre une enquête sur Meta et TikTok pour désinformation / Le Journal horaire / 16 sec. / le 19 octobre 2023
L'UE a annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête visant les réseaux sociaux Meta et TikTok. Elle réclame des précisions sur les mesures mises en oeuvre contre la diffusion de "fausses informations" et de "contenus illégaux", après les attaques du Hamas contre Israël.

La Commission européenne a expliqué avoir adressé une demande formelle d'informations à ces deux plateformes, une semaine après le lancement d'une procédure similaire visant X dans le cadre de la nouvelle législation européenne sur les services numériques (DSA).

L'exécutif bruxellois poursuit un tour de vis entamé la semaine dernière par des lettres de mise en garde du commissaire au Numérique Thierry Breton envoyées aux dirigeants de quatre grands services en ligne: X, Meta, TikTok et Youtube (Alphabet).

La demande d'informations envoyée aux trois premiers - Youtube étant épargné pour l'instant - ne représente pas pour l'instant une mise en cause.

>> Lire aussi : L'UE ouvre une enquête contre X pour la diffusion présumée de "fausses informations"

Une première étape

Mais elle constitue la première étape dans une procédure qui peut conduire à de lourdes sanctions financières en cas d'infractions avérées et prolongées à la réglementation. Dans des cas extrêmes, les amendes peuvent atteindre 6% du chiffre d'affaires mondial du groupe.

La Commission a demandé à Meta et TikTok d'expliquer précisément "les mesures prises pour respecter (leurs) obligations en matière d'évaluation et de réduction des risques". Elles ont jusqu'au 25 octobre pour fournir des réponses réclamées d'urgence dans le contexte du conflit Israël-Hamas.

Ce conflit, qui a fait de très nombreuses victimes civiles, suscite une immense émotion à travers le monde, et est propice aux tentatives de manipulation de l'opinion. Vidéos humiliantes d'otages, corps décapités, assassinats filmés... Les réseaux sociaux ont été inondés d'images violentes mais aussi de tentatives de désinformation, un défi pour toutes les plateformes.

>> Ecouter le sujet de La Matinale sur la désinformation sur le conflit entre Israël- et le Hamas :

L'armée israélienne est engagée depuis plusieurs années sur les réseaux sociaux. [AP Photo/Sebastian Scheiner]AP Photo/Sebastian Scheiner
La désinformation sur le conflit entre Israël et le Hamas inonde les réseaux sociaux / La Matinale / 4 min. / le 18 octobre 2023

"Déstabilisation des démocraties"

"La diffusion généralisée de contenus illicites et de désinformation liés à ces événements entraîne un risque clair de stigmatisation de certaines communautés, de déstabilisation de nos structures démocratiques, sans parler de l'exposition de nos enfants à des contenus violents", a mis en garde mercredi soir Thierry Breton, dans un discours au Parlement européen à Strasbourg.

Les attaques terroristes perpétrées à Arras, en France, le 13 octobre, et à Bruxelles lundi, "sonnent comme un sombre rappel que la menace est réelle et présente sur notre sol", a-t-il souligné.

Des règles plus strictes s'imposent à 19 très grands acteurs de l'internet, dont X, Facebook, Instagram et TikTok, depuis fin août, notamment en matière de modération et de retrait de contenus.

ats/juma

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Besoin de protéger les plus jeunes et parler de ces images

De nombreuses images d’actes terroristes ont été diffusées, parfois sans filtres sur les réseaux sociaux. Les jeunes sont particulièrement exposés à ces contenus violents. Sous pression de l'Union européenne, TikTok a supprimé un demi-million de vidéos. Mais ça ne suffit pas: pour Action Innocence, il est illusoire de croire qu'on peut éviter ces images choquantes. Pour protéger les plus jeunes, il faut leur en parler.

"Une chose qui est très importante est de dire: ces images peuvent me choquer moi aussi, même en tant qu'adulte. Elles peuvent me heurter aussi, donc c'est normal que toi aussi. Il faut les rassurer", explique Tiziana Bellucci, directrice générale d'Action Innocence, dans le 19h30 jeudi.

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Il faut surtout ne pas rester seul avec les sentiments d'angoisse que peuvent susciter certaines images.

"J'étais sur Twitter, je scrollais, ça parlait d'un prof assassiné et j'ai cliqué sur le hashtag. J'ai vu des photos, c'était dégoûtant à voir! Ça m'a fait peur qu'il arrive un truc comme ça", témoigne un utilisateur de X.

>> Le reportage du 19h30 :

Attentat, bombardement, prise d'otage, comment protéger les jeunes des images violentes qui déferlent sur les réseaux sociaux.
Attentat, bombardement, prise d'otage, comment protéger les jeunes des images violentes qui déferlent sur les réseaux sociaux. / 19h30 / 2 min. / le 19 octobre 2023