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Une potentielle troisième dose de vaccin contre le Covid fait débat

Une potentielle troisième dose de vaccin contre le covid fait débat. [Martial Trezzini - Keystone]
Le débat est ouvert sur une éventuelle troisième dose de vaccin anti-covid. / Le Journal horaire / 15 sec. / le 16 juillet 2021
Jamais deux sans trois? L'hypothèse qu'une troisième dose devienne nécessaire pour tous les gens vaccinés contre le Covid-19 fait débat, mais les autorités sanitaires jugent qu'il est trop tôt pour trancher, même si certains pays le font déjà pour certaines populations fragiles.

Le débat a pris corps quand l'alliance Pfizer/BioNTech a annoncé le 8 juillet vouloir bientôt demander l'autorisation pour une troisième dose aux Etats-Unis et en Europe. Selon ces laboratoires, cela a pour but d'assurer une protection immunitaire renforcée aux personnes déjà vaccinées avec deux doses.

"Même si la protection contre les cas graves de la maladie reste haute durant six mois, un déclin dans son efficacité contre les cas symptomatiques au cours du temps et de l'émergence de variants est attendu", a fait valoir Pfizer/BioNTech, selon qui "une troisième dose pourrait être nécessaire entre 6 et 12 mois après" la deuxième.

Contre-productif au niveau mondial

A ce stade, les autorités sanitaires n'envisagent pas de recommander une troisième dose de vaccin pour l'ensemble de la population qui en a déjà eu deux.

"Il est trop tôt pour confirmer si et quand une dose de rappel pour les vaccins contre le Covid-19 sera nécessaire", ont souligné l'Agence européenne du médicament (EMA) et le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC) mercredi dans un communiqué.

"Les campagnes vaccinales et les études en cours n'ont pas encore apporté assez de données sur la durée de protection apportée par les vaccins, d'autant qu'il faut prendre en compte la propagation des variants", selon ces deux instances, qui se disent toutefois prêtes à réagir si les connaissances évoluent.

"Aujourd'hui les données scientifiques ne justifient pas véritablement" l'injection d'une troisième dose, "si on considère la situation au niveau mondial", a renchéri jeudi le président du Comité d'urgence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Didier Houssin.

Selon l'expert français, cela pourrait même "aggraver l'inéquité dans l'accès aux vaccins" en privant de doses des pays qui ont déjà du mal à injecter les premières.

Pour les personnes à risque

Si aucun consensus ne se dégage pour l'ensemble de la population vaccinée, des pays ont déjà commencé à injecter une troisième dose à une certaine catégorie de personnes: celles dont le système immunitaire est affaibli, en raison par exemple d'une greffe d'organe, d'un cancer ou d'une insuffisance rénale.

Chez ces patients, la réponse immunitaire est moins bonne que chez les personnes en bonne santé, ce qui peut potentiellement nuire à l'efficacité de la vaccination puisque son but est de provoquer cette réponse.

afp/asch

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