Modifié le 26 mars 2020 à 08:57

Que sait-on du coronavirus à ce jour? Le point en quatre questions

Aurélie Coulon répond à trois questions sur le virus : la perte de l'odorat, les moins de 65 ans et les femmes enceintes.
Aurélie Coulon répond à trois questions sur le virus: la perte de l'odorat, les moins de 65 ans et les femmes enceintes. 19h30 / 2 min. / le 25 mars 2020
Les informations sur la maladie Covid-19 évoluent chaque jour alors que la pandémie se développe dans le monde. Nouveaux symptômes, risques pour les personnes de moins de 65 ans, les femmes enceintes ou les nouveau-nés, RTSinfo fait le point en quatre questions.

– La perte d'odorat est-elle un symptôme de contamination du Covid-19?

Il semble que oui. Plusieurs médecins ORL dans le monde ont rapporté des cas de patients anosmiques, c'est-à-dire avec une perte de l'odorat avant ou après les autres symptômes liés au coronavirus.

L'anosmie est déjà un symptôme observé après d'autres infections virales des voies respiratoires, comme la grippe. Dans la majorité des cas cette affection est transitoire mais elle peut parfois être définitive. Pour quelle raison? Seules des hypothèses existent. Le virus pourrait s'attaquer aux nerfs du bulbe olfactif, cette région sensorielle située sur la voute nasale qui permet d'enregistrer les odeurs. Autre explication: le virus pourrait entraîner une inflammation intense de la zone de la voûte nasale.

– Quels sont les risques pour les personnes de moins de 65 ans?

En Suisse romande, les patients adultes hospitalisés à cause du Covid-19 ont de 20 à 100 ans. L'âge médian des personnes testées positives au coronavirus sur l'ensemble du pays est de 51 ans, selon l'Office fédéral de la santé publique.

Au service des soins intensifs du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), 69% des malades ont moins de 65 ans. Un tiers d'entre eux ne présentent pas de comorbidité, soit la présence d'une pathologie antérieure au Covid-19, comme un cancer, un problème cardiaque, du diabète ou encore de l'hypertension. Avec 29%, la proportion de malades sans comorbidité de moins de 65 ans est quasi similaire aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Des complications peuvent ainsi survenir chez des malades jeunes, sans que l'on sache pourquoi. Des facteurs de risques génétiques encore inconnus pourraient en être responsables. C'est pourquoi tout le monde doit se sentir concerné par cette épidémie afin de se protéger au mieux et de protéger les autres.

– Les femmes enceintes encourent-elles un risque particulier?

Non. Une femme enceinte a le même risque d'être infectée et de tomber malade que le reste de la population en général, comme le souligne le professeur David Baud, chef du service obstétrique au CHUV.

Les recommandations sanitaires sont donc les mêmes que pour tout le monde: se laver régulièrement les mains et observer une distance sociale d'au moins deux mètres.

Si une femme enceinte observe des symptômes de fièvre et de toux, elle doit prévenir rapidement son médecin afin d'être suivie plus activement.

>> Voir la vidéo informative du CHUV

– Quels sont les risques pour les nouveau-nés?

Les données disponibles à ce jour sont rassurantes. Jusqu'ici, aucun cas de transmission du virus d'une mère malade à son enfant pendant la grossesse n'a été rapporté.

Si la mère est porteuse du virus, il s'agit toutefois d'être particulièrement vigilant après la naissance afin d'éviter une transmission. Une séparation ou un éloignement mère-enfant est à considérer, selon les recommandations des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies.

Le virus n'a pas été retrouvé non plus dans le lait maternel. La mère peut donc allaiter si elle est suffisamment en forme, à condition de porter un masque et de se désinfecter les mains et le sein.

Aurélie Coulon/kg

Publié le 25 mars 2020 à 18:51 - Modifié le 26 mars 2020 à 08:57