Modifié le 29 novembre 2019 à 09:30

Le risque d'obsolescence programmée est renforcé par les objets connectés

Le phénomène s'explique le plus souvent par la concurrence, la pression sur les prix et les longues chaînes de livraison, affirme le Laboratoire fédéral d'essai des matériaux (Empa).
L'obsolescence programmée passe par les mises à jour La Matinale / 1 min. / le 29 novembre 2019
L'obsolescence programmée n'est pas qu'un mythe, affirme le Laboratoire fédéral d'essai des matériaux (Empa). De nos jours, elle passe par les logiciels dont les mises à jour soumettent le matériel à de nouvelles exigences. La menace sera encore plus grande avec "l'internet des objets".

La mise à jour des logiciels présents dans les produits électroniques raccourcit plutôt que prolonge la vie du matériel. Lorsque "l'internet des objets" sera devenu une réalité, il est possible que le fonctionnement des objets soit tributaire de leur mise à jour, a indiqué jeudi le Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche (Empa).

Ce phénomène, l'Empa l'a subi directement avec des caméras pour microscopes. Elles fonctionnaient parfaitement, mais elles ont dû être remplacées après une mise à jour du système d'exploitation Windows. La mise à jour d'un logiciel soumet le matériel à des exigences pour lesquelles il n'a pas été conçu.

Internet des objets problématique

A l'avenir, "l'internet des objets risque de nous mettre dans la situation où il sera nécessaire de remplacer un réfrigérateur qui refroidit parfaitement, mais dont l'électronique est prise de court par les nouveaux logiciels", prévient l'Empa.

Les chercheurs de Dübendorf (ZH) constatent que la durée de vie des appareils électroniques se réduit, sans pour autant imaginer de "sombres desseins" de la part des fabricants. Le phénomène s'explique le plus souvent par la concurrence, la pression sur les prix et les longues chaînes de livraison.

Matériel poussé aux limites

Les spécifications imposées aux composants "sont poussées aux limites". Pour réduire les coûts lors de la production, un simple condensateur est souvent soumis à sa charge maximale, alors que l'ingénieur aurait préféré lui laisser une marge de sécurité.

Cette pression sur les prix s'exerce aussi sur toutes les chaînes de livraison. Une simple climatisation de voiture implique plus de cent fournisseurs. Il devient alors difficile d'identifier la cause d'une défaillance, ce qui pousse à changer toute la climatisation.

>> Revoir l'émission A Bon Entendeur consacré à l'obsolescence programmée en avril 2018

A bon entendeur
A Bon Entendeur - Publié le 24 avril 2018

ats/cab

Publié le 28 novembre 2019 à 15:54 - Modifié le 29 novembre 2019 à 09:30

Obsolescence en place en 1920 déjà

L'Empa rappelle que le premier cas documenté d'obsolescence programmée date d'il y a un siècle déjà. Dans les années 1920, les fabricants d'ampoules électriques se sont entendus pour ramener la durée de vie des ampoules de 2500 à 1000 heures. Les filaments des ampoules ont été raccourcis, ce qui, à tension égale, réduisait leur durée de vie.

L'opération a été un succès. Les ventes d'ampoules électriques ont fortement augmenté jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale. En raison du conflit, toute coordination de la production entre pays désormais ennemis a été bloquée et entraîné le démantèlement du cartel.