Modifié le 25 mai 2012 à 10:06

Lausanne doit débourser plus de 180 millions pour sa caisse de pensions

Daniel Brélaz à l'heure des comptes 2011 de la ville de Lausanne.
Selon Daniel Brélaz, la recapitalisation de la caisse de pensions représente un "gros effort financier" pour la ville de Lausanne. [Sandro Campardo - ]
La ville de Lausanne doit à nouveau recapitaliser sa caisse de pensions en y injectant 182,5 millions. Les employés récemment engagés et les futurs collaborateurs seront les plus concernés.

La ville de Lausanne doit injecter 182,5 millions de francs dans sa caisse de pensions (CPCL), après une première recapitalisation de 290 millions en 2009. La restructuration va péjorer les rentes de ses employés engagés récemment et de ses futurs collaborateurs.


La crise des marchés financiers de 2008 - où la caisse a perdu plus de 100 millions - et l'évolution du droit fédéral imposent une nouvelle recapitalisation de la CPCL à hauteur de 220 millions, dont 182,5 millions pour la part lausannoise.


Le cumul des mesures proposées prévoit que le taux de couverture actuel de 55% passe à environ 64% en 2020, 78% en 2030 et atteigne avant 2040 le minimum de 88% fixé par la loi fédérale. Un objectif atteint plus de 10 ans avant l'échéance légale du 1er janvier 2052.


"Gros effort financier"

L'assainissement implique un abaissement du taux technique de 4% à 3,5% et la création d'une réserve de fluctuation de valeur, dotée de 120 millions, afin d'absorber les imprévus. "Nous ne voulons pas revenir tous les trois ou cinq ans demander des crédits devant le Conseil communal", a expliqué Daniel Brélaz, le syndic de Lausanne.


Cette recapitalisation - à laquelle les Transports publics lausannois participent à hauteur de 33 millions - représente "un gros effort financier" pour la ville, a relevé Daniel Brélaz. Le personnel sera également mis à contribution, mais sans augmentation de cotisation.


Les employés ont choisi, à une large majorité, d'adopter le modèle du salaire cotisant moyen sur toute la carrière. Dès 2013, la rente ne sera plus calculée en fonction du salaire des trois dernières années de travail, mais sur l'ensemble de la carrière.


Génération "un peu sacrifiée"

"Ce système est appliqué depuis les années 90 dans le canton de Fribourg et il est utilisé par les entreprises dites progressistes", a fait valoir Daniel Brélaz. Ses effets se feront sentir progressivement, les droits acquis étant préservés.


En clair, les employés qui sont proches de la retraite seront très peu touchés. Les nouveaux collaborateurs et ceux qui entreront ces prochaines années à l'administration communale seront les plus concernés. Daniel Brélaz parle d'une "génération un peu sacrifiée" même si les conditions de retraites restent "excellentes".


Les rentes ne seront pas indexées durant les 20 à 25 prochaines années, sauf exception pour les bas salaires. Le préavis est transmis au Conseil communal, qui doit encore donner son aval.


ats/vtom


Publié le 24 mai 2012 à 15:28 - Modifié le 25 mai 2012 à 10:06