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L'Etat de Vaud est à la peine face à la question du stockage des déchets

Un document d'un groupement d'opposants  photographié devant les champs sensés accueillir la décharge de la Vernette. [KEYSTONE - Laurent Gillieron]
La mise à l'enquête d'une décharge cantonale dans la région du Gros-de-Vaud a provoqué une levée de boucliers / La Matinale / 2 min. / le 18 juin 2019
La question du stockage des déchets préoccupe le canton de Vaud. Et mobilise les citoyens. La mise à l'enquête d'une décharge cantonale dans la région du Gros-de-Vaud a même provoqué une levée de boucliers.

Le site doit notamment stocker les résidus d'incinération de l'Usine Tridel à Lausanne et elle doit être exploitée par le groupe Orllati. Or, ce  projet, celui de la Vernette, prévu dans les villages de Daillens et d'Oulens-sous-Echallens, aurait suscité plus de mille oppositions, selon les adversaires de cette décharge cantonale.

Le "niet" de Daillens

La commune de Daillens en fait d'ailleurs partie. Le municipal Alberto Mocchi estime qu'il n'y a pas les garanties nécessaires aujourd'hui "en termes de sécurité pour la population, notamment en termes de pollution de l'air, de pollution des eaux ou encore au niveau des poussières, ou du trafic".

La Municipalité s'appuie aussi sur un vote consultatif de sa population, qui a massivement rejeté le projet le 17 mars dernier.

Le conseiller communal et représentant des opposants Yves Gubinelli se défend de vouloir expédier ailleurs le stockage des déchets: "De s'entendre dire qu'on est des égoïstes, c'est complètement faux. On donne tous les jours. Nous avons une décharge, 300 mètres plus haut que le projet de la Vernette, et ça, c'est déjà des déchets de même type ou même plus nocifs et nous avons une autre société dans la zone d'Eclépens, à quelques encablures du village, qui traite des déchets d'une plus grande dangerosité."

Contestation et concurrence

A Oulens, l'autre commune concernée, les autorités ont choisi de ne pas s'opposer. Des garanties suffisantes auraient été données, selon le vice-syndic.

Quant au groupe Orllati, il estime, par la bouche de sa porte-parole, avoir répondu à toutes les questions de la population. Le canton va maintenant traiter les oppositions. Il n'est pas en mesure à ce stade de confirmer leur nombre total.

Ce qui est sûr, c'est que l'Etat est à la peine avec ses projets de décharges. Un autre site, dans la région d'Yverdon, est en effet lui aussi très contesté par la population. Le tout sur fond de concurrence acharnée entre exploitants de décharges et soupçons de favoritisme de la part de l'Etat.

Martine Clerc/pym

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