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Des patients "en danger" au Centre neuchâtelois de psychiatrie

Une enquête d'ArcInfo révèle que les patients du Centre Neuchâtelois de Psychiatrie sont "en danger", d'après un collectif de soignants. [Le Centre Neuchâtelois de Psychiatrie]
Une enquête d'ArcInfo révèle que les patients du Centre Neuchâtelois de Psychiatrie sont "en danger". - [Le Centre Neuchâtelois de Psychiatrie]
Un collectif de 21 médecins et psychologues, employés ou démissionnaires, alerte les autorités de carences en matière de soins au sein du Centre neuchâtelois de psychiatrie (CNP). Ce dernier dément et affirme que l'hôpital est "fonctionnel."

Le collectif estime, dans un article paru mercredi dans ArcInfo, que "les patients séjournant au CNP ne sont plus correctement soignés, voire qu’ils sont en danger". Les unités hospitalières adultes du site de Préfargier sont les principales concernées, précise l'enquête du quotidien neuchâtelois.

Par le biais d’un courriel, puis d’une lettre d’avocat, adressés les 11 et 26 mars, le collectif a décidé d’alerter les autorités politiques et sanitaires et le conseil d’administration du CNP de la situation qu’il juge "très grave." Faute de reprise en main, l’institution pourrait "collapser", écrit ArcInfo.

Interviewé par le journal, le président du conseil d'administration Jean-Pierre Brugger affirme "ne pas reconnaître l’institution décrite par les médecins et psychologues employés ou démissionnaires". Et d'ajouter: "Je suis très surpris de la voie choisie."

>> Ecouter la revue de presse de La Matinale revenir sur l'article d'ArcInfo :

La revue de presse (vidéo) - Par Valérie Droux
La revue de presse (vidéo) - Par Valérie Droux / La revue de presse (en vidéo) / 5 min. / le 17 avril 2024

"Des points dysfonctionnent"

"Je conçois qu’un certain nombre de points dysfonctionnent, nous travaillons à y remédier", précise Jean-Pierre Brugger. "Mais ils ne sont pas ceux que vous décrivez", insiste le président de l'institution.

"Ensuite, je suis déçu que sur les 600 collaborateurs du CNP, dont 111 médecins, hospitaliers et ambulatoires, le mécontentement de 21 médecins, dont une partie ne sont plus dans l’institution, prenne une telle importance, alors que le reste du personnel fait le nécessaire pour assurer les prestations. Cela me consterne."

Frédéric Mairy veut se faire une idée de la situation

Figurant parmi les destinataires du courrier, le conseiller d’Etat en charge de la Santé Frédéric Mairy, entré en fonction le 1er mars, déclare mercredi dans Forum prendre l'affaire au sérieux. Mais il indique aussi garder à ce stade sa "vision plutôt positive du fonctionnement du CNP". 

Quelles actions envisage-t-il? Le ministre socialiste souhaite se renseigner sur la situation auprès du président du conseil d'administration. Il espère "mieux appréhender la situation d'ici l'été". Il n'exclut pas non plus de rencontrer une délégation des signataires de la missive.

>> Ecouter l'interview de Frédéric Mairy dans Forum :

Crise importante au sein du Centre neuchâtelois de psychiatrie: interview de Frédéric Mairy
Crise importante au sein du Centre neuchâtelois de psychiatrie: interview de Frédéric Mairy / Forum / 5 min. / le 17 avril 2024

Discussions à avoir en interne

Frédéric Mairy souligne qu'à ses yeux, il est important que, "au sein même du CNP, ils puissent s'asseoir à une même table et discuter des points de vue divergents".

Ce serait aussi l'occasion de discuter des mesures qui existent déjà. "Il y a quelques temps, le CNP a mené une analyse du climat de travail qui permettait de tirer certains enseignements et d'apporter des améliorations. Il faut voir si d'autres mesures d'amélioration sont souhaitées de part et d'autre et lesquelles peuvent être mises en œuvre", développe le conseiller d'Etat.

Le CNP ne manque pas de moyens financiers, assure-t-il encore. "Les options stratégiques 2023-2030 du CNP ont été adoptées à l'unanimité récemment par le Grand Conseil, en partant du constat qu'il dispose a priori de moyens suffisants pour faire face à ses obligations", rappelle l'élu.

Frédéric Mairy concède toutefois "qu'en matière de santé, il serait toujours possible de faire mieux avec plus d'argent". Et de conclure: "Mais hélas, on doit composer avec le contexte financier que l'on connaît". 

ats/mayju/ami

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