Modifié le 27 juin 2019 à 08:06

Le cumul des mandats, c'est terminé dans le canton de Neuchâtel

La salle du Grand Conseil neuchâtelois.
NE: le Grand Conseil décide de mettre fin au cumul des mandats Le 12h30 / 1 min. / le 26 juin 2019
Le Grand Conseil neuchâtelois a décidé d'interdire le cumul des mandats. Dès les prochaines élections cantonales, les dirigeants des communes ne pourront plus siéger en même temps comme députés.

Cette nouvelle réforme des institutions promet de bouleverser la vie politique du canton. Ce sont plus d'une quinzaine de personnes qui siègent aujourd'hui au Grand Conseil, tout en étant à l’exécutif de leur commune.

Mais de l’avis de la majorité, ces députés à doubles casquettes sont parfois surchargés, donc moins efficaces. Moins présents en commission, ils défendent parfois leurs intérêts locaux plutôt que l’intérêt général.

Après avoir hésité à limiter le cumul ou à l'interdire seulement aux conseillers communaux professionnels, la commission de réforme des institutions proposait l'interdiction pure et simple.

>> Voir aussi le sujet du 19h30:

Fin du cumul des mandats dans le canton de Neuchâtel. Il fait écho à un débat lancé dans plusieurs cantons.
19h30 - Publié le 26 juin 2019
 

Vives réactions

Ce matin, dans une ambiance électrique, plusieurs élus communaux ont pris la parole pour défendre leur honneur face aux critiques. L'UDC s'est insurgée de cet affront fait à l’engagement des élus communaux. Tout comme une partie des Verts et de la gauche radicale.

Pour l'UDC Niels Rosselet-Christ, "l'interdiction du cumul des mandats est une altération grave des droits démocratiques". Selon le député, le cumul ne génère pas un conflit d'intérêts.

Mais les autres partis étaient moins divisés. "Le cumul des mandats péjore la représentation des femmes en politique, car celles-ci ont moins tendance à cumuler", a déclaré le socialiste Baptiste Hunkeler. Une interdiction permet de maximiser la diversité des élus.

La proposition est finalement passée, par 72 voix contre 29 non et 7 abstentions.

Blocage politique lié aux villes

A l'origine de ce débat lancé par une motion de la commune de Val-de-Ruz, on retrouve l'agacement de certains face à l'omniprésence des élus de quelques villes: deux élus de Neuchâtel, deux du Locle, et surtout la ville de La Chaux-de-Fonds, dont les cinq membres de l’exécutif étaient tous députés jusqu'en mars. Avant que deux d'entre eux ne quittent le Grand Conseil pour raisons personnelles.

Certains parlementaires ont estimé que cette situation pouvait être source de blocages sur certains dossiers comme ceux sur la réforme hospitalière ou la fiscalité.

Dès la prochaine législature, donc, ces cumuls ne seront plus possibles. Même pour les élus miliciens des petits villages. Aux yeux de la majorité, cela devrait favoriser le renouvellement du personnel politique.

Résultat lors des prochaines élections cantonales en 2021, qui verront aussi la diminution du nombre de députés de 115 à 100, et la suppression des districts électoraux.

Etienne Kocher/jfe avec ats

Publié le 26 juin 2019 à 14:22 - Modifié le 27 juin 2019 à 08:06

Voyages en avion limités pour l'administration cantonale

Le Grand Conseil neuchâtelois a accepté mercredi de limiter les voyages en avion pour l'administration cantonale et lors de voyages d'études. Il a adouci la motion de la Verte Clarence Chollet qui demandait une interdiction.

Dans sa motion, la députée voulait interdire, sauf cas exceptionnels et dûment justifiés, le recours à l'avion pour les distances inférieures à 1200 kilomètres.

"Les voyages en avion de l'administration sont extrêmement rares. Le texte de la motion est trop rigide et absolu. Parfois un voyage éclair est nécessaire, notamment au Service de l'économie pour sauver des emplois", a déclaré le conseiller d'Etat Alain Ribaux.