Modifié le 12 décembre 2016 à 21:57

A Genève, deux chauffards doivent répondre de meurtre par dol éventuel

Le procès dit du «rodéo des Charmilles» s’est ouvert à Genève
Le procès dit du "rodéo des Charmilles" s’est ouvert à Genève 19h30 / 2 min. / le 12 décembre 2016
Le Tribunal correctionnel de Genève juge depuis lundi deux chauffards âgés respectivement de 26 et 22 ans. Ils sont accusés de s'être livrés un soir de novembre 2013 à une course-poursuite qui a entraîné la mort d'un piéton.

Les deux accusés, qui avaient fumé du cannabis au moment des faits, nient avoir participé à un rodéo routier. Le conducteur de la BMW 335i a confirmé avoir vu la Subaru Impreza de l'autre prévenu peu avant le drame. Ce n'est cependant pas à cause de cette voiture qu'il a appuyé sur la pédale des gaz comme un fou sur un tronçon du centre-ville limité à 50 km/h.

"Je n'arrive pas à comprendre cette accélération", a-t-il déclaré devant les juges. "A un moment, la voiture a peut-être pris le dessus sur moi". Son comportement va avoir des conséquences dramatiques. La BMW va se retrouver à contresens de la circulation et va faucher un homme qui traversait sur un passage pour piétons.

Le choc est terrible et s'est produit, selon les experts, alors que la voiture roulait à plus de 150 km/h. Le piéton, un père de trois enfants, est projeté à une trentaine de mètres du point d'impact. La collision lui arrache une jambe. Un ami de la victime, partie plaignante au procès, échappera de justesse à la mort.

Démontrer le dol éventuel est difficile

Le Parquet veut faire condamner les accusés pour meurtre par dol éventuel. Il estime que les deux automobilistes se sont accommodés à l'idée de risquer de tuer quelqu'un en conduisant de cette manière en pleine ville. La justice genevoise a essayé à plusieurs reprises d'obtenir de telles condamnations.

Il y a 6 ou 7 cas dans la jurisprudence suisse de meurtre par dol éventuel contre des chauffards, a rappelé le procureur Holloway. Pour le Ministère public, l'exercice de démontrer le dol éventuel est difficile, mais pas impossible, a-t-il ajouté. Le procès se poursuit jusqu'à mercredi. Le verdict sera peut-être rendu vendredi.

ats/olhor

Publié le 12 décembre 2016 à 21:45 - Modifié le 12 décembre 2016 à 21:57