Modifié le 31 janvier 2014 à 22:34

Bars, prostituées: nouvelles révélations sur les détenus de La Pâquerette

Le milieu des salons de massages érotiques est concerné.
Les détenus de La Pâquerette (GE) fréquentaient des prostituées aux Pâquis Le 12h30 / 1 min. / le 31 janvier 2014
Après les révélations sur les visites de détenus du centre de La Pâquerette à Genève auprès de prostituées, la RTS a appris que certains prisonniers se rendaient seuls dans des bars.

Alors que la presse a révélé vendredi que les détenus de l'ex-centre de sociothérapie de La Pâquerette à Genève allaient voir des prostituées dans le cadre des sorties qui ont coûté la vie à Adeline, en septembre dernier, la RTS a appris que des policiers ont plusieurs fois surpris des détenus  lors de contrôles dans des bars. Parfois, aucun accompagnant n'était présent pour les cadrer.

Certains pensionnaires disposaient aussi, durant leurs sorties, d'un téléphone portable prêté par La Pâquerette. Il y a une quinzaine d'années, un dangereux braqueur, Franko Ljubic, régulièrement autorisé à sortir, avait été retrouvé en train de travailler dans des bars interlopes des Pâquis, a en outre rappelé la RTS lors de l'émission Forum.

Sorties avec des prostituées

Les sorties auprès de prostituées ont été confirmées par l'ancien médecin-chef de la prison de Champ-Dollon après l'information publiée vendredi par 20 Minutes.

Jean-Pierre Restellini, qui préside aujourd'hui la Commission nationale de prévention de la torture, précise que la pratique était courante et estime qu'elle était souhaitable. Il explique que Champ-Dollon ne comporte pas de parloir intime, contrairement à d'autres établissements.

Pas de délinquants sexuels

Les faits sont également confirmés par un ancien gardien de la prison, qui a participé à ces sorties au début des années 1980. "C'était des personnes qui n'avaient jamais commis des délits d'ordre sexuel", précise-t-il.

Cette pratique pose évidemment aujourd'hui, quatre mois après l'affaire Adeline, la question de la sécurité des prostituées, puisque l'accompagnant attendait le détenu dans un café voisin.

Pierre-Antoine Preti/Mathieu Cupelin/oang

Publié le 31 janvier 2014 à 12:40 - Modifié le 31 janvier 2014 à 22:34

Pas de réaction officielle

Remise en question après le meurtre d'Adeline, une sociothérapeute tuée par un détenu en septembre dernier lors d'une sortie, La Pâquerette a été fermée au début de l'année.

Suite à ce drame, le centre de resocialisation pour criminels dangereux avait été placé dans le giron du Département de la sécurité (DSE) et les sorties des détenus avaient été supprimées dans la foulée.

Le porte-parole du DSE renvoie ainsi au Département de la santé dont dépendait précédemment La Pâquerette. Ce dernier ne fait aucun commentaire sur les révélations de "20 minutes" et rappelle que les conclusions finales du rapport de Bernard Ziegler mandaté par le Conseil d'Etat sur le fonctionnement de La Pâquerette seront rendues publiques mercredi prochain.