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Le Groupe Mutuel ne remboursera plus les séjours privés et semi-privés à l'Hôpital de La Tour

Gilles Rufenacht sera le prochain directeur général de l'aéroport de Genève. [RTS]
Rupture entre le Groupe Mutuel et l'Hôpital de la Tour à Genève: interview de Gilles Rufenacht / Forum / 7 min. / le 27 avril 2024
C’est la douche froide pour certains assurés au bénéfice d’une assurance complémentaire du Groupe Mutuel. Dès le mois prochain, l'assureur ne remboursera plus leur séjour en division privée ou semi-privée à l'Hôpital de La Tour à Meyrin (GE). En cause, selon la Tribune de Genève, un désaccord sur les conditions tarifaires.

Dans une lettre adressée cette semaine aux médecins de l'Hôpital de La Tour, le Groupe Mutuel explique sa décision. Les négociations tarifaires pour l'année 2024 n'ont en effet pas abouti. Le désaccord porte sur la facturation des prestations cliniques et du confort hôtelier; il n'est pas question des honoraires des médecins.

Dès le 1er mai, les factures seront directement adressées aux patients selon le système du tiers garant. Ce sera donc aux patients concernés de régler la facture, puis d'envoyer le justificatif à l'assurance, qui fixera alors les montants maximaux de remboursement.

Seuls les patients dont la prise en charge avait déjà été confirmée par le Groupe Mutuel seront couverts.

1200 patients concernés chaque année

Interpellée par la Tribune de Genève, la direction de l'Hôpital de La Tour parle de 1200 patients genevois en moyenne chaque année qui sont abandonnés par leur assureur, sans contrepartie et pour des primes inchangées.

Dans la Tribune de Genève, le directeur Rodolphe Eurin parle même de décision irresponsable de la part du plus grand assureur de Suisse romande.

Selon lui, cette décision menacerait même la prise en charge et la sécurité des patients dont certaines pathologies ne pourraient être assumées dans d’autres établissements privés.

Justifications du Groupe Mutuel

Le Groupe Mutuel explique avoir tiré la sonnette d'alarme à la fin de l’année passée. Selon l'assureur, il serait faux de dire que ses clients n'étaient pas informés de ce risque.

L’assureur explique qu'il est de sa responsabilité de ne pas céder à la pression des prestataires. Seuls comptent des tarifs justifiés en comparaison des autres acteurs.

Pour le Groupe Mutuel, les patients concernés gardent le libre choix de leur médecin. Mais l'Hôpital de la Tour devient le seul établissement non reconnu par l'assureur à Genève.

Différend entre la CSS et le groupe Hirslanden

Ce type d'annonce n’est pas une première. La Tribune de Genève avait déjà relaté il y a quelques mois un différend entre la CSS et le groupe Hirslanden autour de la question des tarifs hospitaliers. Un différend qui serait en passe d'être réglé, selon la direction d’Hirslanden.

Gilles Rufenacht, directeur des cliniques Hirslanden Les Grangettes et La Colline et qui a été plus de 8 ans président de Genève-Cliniques, l'association des cliniques privées de Genève, est revenu sur cette situation tendue entre hôpitaux privés et assureurs au micro de l'émission Forum. "La situation est assez préoccupante sur l'ensemble du territoire suisse, avec des assureurs maladie qui font une pression assez importante sur l'ensemble des prestataires de soins", explique-t-il..

Par conséquent, Gilles Rufenacht craint qu'il y ait "de la casse" dans les années à venir, car cette situation pourrait entraîner des regroupements et des fermetures d'établissements de santé, mettant en péril la qualité des soins pour les patients. Il pointe aussi du doigt la FINMA, l'autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, en demandant plus de clarté concernant le rôle des responsables de la médiation - au niveau fédéral - des négociations entre les caisses maladie et les prestataires de soins.

Sujet radio: Gaël Klein

Adaptation web: Julien Furrer

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Une offensive des assureurs maladie pour réduire les coûts déjà entamée à Saint-Gall

En mars, les associations d'assureurs maladie Curafutura et Santésuisse se sont opposées à la création d'un nouveau centre de cardiologie à St-Gall. Elles ont déposé un recours au Tribunal administratif fédéral.

Depuis le 1er janvier, les organisations d'assurance maladie peuvent recourir en matière de planification hospitalière. Curafutura et Santésuisse "ont donc décidé de faire usage de leur nouveau droit de recours pour la première fois afin d'envoyer un signal clair et de s'engager en faveur des assurés", ont-elles indiqué fin mars.

Déjà 16 centres de cardiologie

Pour les deux organisations, un centre de cardiologie supplémentaire "réduirait le nombre de cas par centre, ce qui aurait des incidences négatives sur la qualité des traitements". Cela ferait aussi augmenter les coûts à la charge des assurés.

Il existe déjà 16 centres de cardiologie en Suisse et ils "n'atteignent déjà pas tous le nombre minimal de cas recommandés par la Société européenne de chirurgie cardiaque et de cardiologie", selon curafutura et Santésuisse. Un faible nombre de cas "entraîne généralement une baisse de la qualité des traitements, ce qui représente un risque pour les patients".