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La buvette des Bains des Pâquis rechigne à appliquer une recommandation de la Cour des comptes

Par souci de transparence et de traçabilité financière, la Cour des Comptes de Genève avait demandé à la buvette des Bains des Pâquis l’adoption du paiement par carte bancaire. Le restaurant s’est exécuté avec une demi-mesure.

L’établissement permet désormais le règlement par carte, mais uniquement pour les additions à partir de 100 francs. La taxe bancaire de 2% est elle à la charge de la clientèle.

Ces conditions visent à décourager ces types de paiements. La posture est assumée par les responsables pour des raisons idéologiques. Ils sont opposés "aux abus du système financier et souhaitent privilégier une économie locale, faite de circuits courts".

Permettre le paiement par carte bancaire était une demande de la Cour des comptes. Il s’agit d’une des recommandations pour améliorer la transparence et la traçabilité des transactions.

Audit sévère

En novembre 2021, un audit de la Cour des comptes épinglait le bistrot, qui brasse des millions. En 2019 par exemple, le chiffre d’affaires de la buvette a atteint 8 millions de francs. L’organe de contrôle n'avait pas constaté de fraude, mais jugeait toutefois le risque "élevé" en raison de la difficulté à connaître les montants perçus. Les absences de caisses enregistreuses et du paiement par carte étaient notamment pointées du doigt.

D'autres irrégularités avaient surpris les magistrats, comme 60'000 francs de massages offerts aux employés en 2017 ou encore 98'000 francs de consommations gratuites en 2019.

La Cour des comptes avait aussi souligné le loyer trop bas payé par la buvette. Il n'avait pas bougé depuis 2010 et représentait en moyenne 2,7% du chiffre d’affaires, soit un montant très en dessous de ce qui est fait dans le privé. Il était aussi bien plus bas que les 7,5% que la Ville de Genève facture habituellement.

Ces bizarreries ont conduit le Conseil municipal de la Ville à retirer sa subvention de 245'000 francs à l'Association des usagers des Bains des Pâquis (AUBP), qui délégue à des tiers l’exploitation du restaurant.

Mise en conformité partielle

Sept mois après l'audit, la buvette dispose de caisses enregistreuses dignes de ce nom, assure à la RTS Eric Vanoncini, président de l'AUBP. En revanche, la mise en place d’un paiement par carte bancaire réellement accessible tarde encore.

Interrogée par la RTS, Chritsina Kitsos, conseillère administrative chargée de la cohésion sociale, n’est pas satisfaite de la situation. Elle a signifié à l'AUBP qu'elle devait changer cette pratique pour les clients et pour des raisons de transparence.

Mohamed Musadak

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Repas à 7,50 francs pour les retraités et les chômeurs

Les amoureux des Bains des Pâquis aiment le rappeler, l’endroit est avant tout un lieu populaire, ouvert à tous. Et cela se ressent sur les prix pratiqués à la buvette.

Mais pour faire face à la perte de la subvention de la Ville de Genève, le restaurant a dû augmenter les prix des plats du jour, qui sont passés de 14 à 15 francs cette année.

Cette augmentation n'a pas plu à la Ville, qui a demandé à l'AUBP de baisser les tarifs pour les retraités et les chômeurs. La buvette va encore plus loin que la demande initiale et a décidé de baisser les prix de 10 à 7,50 francs pour ce public. Ces tarifs sont appliqués depuis mardi.