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Genève féminise 10 rues, un véritable casse-tête

Panneaux de rues du projet 100elles [Katia BITSCH - Katia BITSCH / RTS]
Ici la Suisse - La ville de Genève féminise le nom de dix rues et places / La Matinale / 6 min. / le 4 décembre 2020
D’ici la fin de l’année, dix rues et places genevoises seront officiellement rebaptisées en l’honneur de femmes illustres. Le Conseil d’Etat a validé le projet le 28 août dernier. Mais entre l'opposition de certains habitants et les démarches administratives, le projet n’est pas une mince affaire.

"Après avoir sélectionné les femmes et les rues concernées, il a fallu informer les habitants et effectuer une consultation publique, puis faire un dossier à la commission cantonale de nomenclature", explique Héloïse Roman, chargée de projet au service Agenda 21 – Ville durable de Genève. "Après l’accord du Conseil d’Etat, il a encore fallu concrètement fabriquer les nouvelles plaques et officialiser le changement d’adresse auprès des administrations publiques comme La Poste, les services industriels ou l’Office cantonal de la population".

Pour le reste, les 1500 habitants concernés doivent eux-mêmes communiquer leur changement d’adresse auprès de leur opérateur de téléphonie, de leur pharmacien ou autres prestataires de services. Pour les habitants concernés par le changement, il y a désormais une page sur le site internet de la Ville qui donne les informations nécessaires: cliquez ici
 "le changement des noms de rues sera effectif au 1er mars 2021, il nous aura donc fallu plus d’un an et demi pour aboutir à ce changement", précise Héloïse Roman.

Rendre les femmes plus visibles

Le projet est né sous l’impulsion de l’association féministe l’Escouade, qui avait lancé en 2019 le projet 100Elles. L’objectif: accroître la visibilité des femmes dans l’espace public. Un projet qui s’inscrit dans le plan d’action "Objectif zéro sexisme dans ma ville" mis en place par la municipalité. Pour Héloïse Roman, ce changement de 10 noms de rue est avant tout symbolique et doit marquer les esprits.

>>> Ecouter l'interview d'Héloïse Roman, chargée de projet "égalité" à la ville de Genève

Héloise Roman, chargée de projet "égalité" à la ville de Genève [Héloise Roman]
interview Héloise Roman / L'actu en vidéo / 1 min. / le 2 décembre 2020

Si le projet a bénéficié d'un élan de soutien populaire, il a également suscité la fronde de certains habitants. Comme ceux de la rue Jean-Violette qui ont lancé la pétition "Ne touchez pas à mon nom de rue". Kevin, qui habite au numéro 17 de la rue, fait partie des signataires, il évoque l'attachement des habitants au nom de leur rue.

L'autre problème, c'est le choix de la personne proposée pour remplacer Jean-Violette. "Franchement, il y a une église à côté alors mettre en avant le nom de Grisélidis-Real, connue pour être prostituée, je comprends que ça puisse choquer certains conservateurs, comme moi d'ailleurs". Jean Violette conserve sa plaque et Grisélidis-Réal retourne dans les cartons d'archives pour l'instant.

Plus de noms de rue féminins

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En Suisse, moins de 7% des rues honorent des femmes illustres. Plusieurs villes ont décidé de privilégier des noms de femmes pour les nouvelles rues. A Lausanne, par exemple, quatre rues du quartier en construction de la Plaine du Loup porteront donc le nom de femmes. Mais Genève veut permettre aux femmes d'être plus visibles en centre ville et non pas en périphérie.

>> Cliquer ci-dessous pour en apprendre plus sur les dix femmes à l'honneur à Genève, (biographies réalisées par les historiennes du projet 100elles)

Katia Bitsch

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