Modifié le 03 avril 2019 à 21:58

Le Stade de Genève va se couvrir d’une centrale solaire participative

Financement participatif pour la nouvelle centrale solaire sur les toits du Stade de Genève.
Financement participatif pour la nouvelle centrale solaire sur les toits du Stade de Genève. 19h30 / 2 min. / le 03 avril 2019
Les Services industriels genevois lancent une campagne de financement participatif pour installer une centrale solaire au Stade de Genève. Les habitants pourront acquérir des parts et faire baisser ainsi leur facture d'électricité.

Après le succès de la centrale participative de l'école du Petit-Lancy, dont les 750 m2 avaient trouvé preneur en moins de dix jours, le distributeur public genevois se lance dans une opération similaire mais à plus vaste échelle. 5000 m2 de modules photovoltaïques seront posés sur le couvert de l'arène sportive d'ici la fin de l'année.

Déduction annuelle pendant vingt ans

La centrale sera divisée en 5400 parts, vendues au prix de 350 francs. Chacune donnera droit, pendant vingt ans, à une déduction de 100 kWh sur la consommation annuelle d'électricité des acquéreurs. Cela représente une économie de 22 francs par an au prix actuel arrondi de l'électricité à Genève. Et dans l'hypothèse où ce prix restait constant jusqu'en 2039, le bénéfice pour le consommateur-acquéreur serait de 110 francs au final, soit un rendement annuel de 1,66%.

Aujourd'hui, de bien meilleurs rendements sont possibles en étant soi-même propriétaire d'une centrale solaire. En incluant la rétribution fédérale unique (RU) et l'économie d'impôt (l'investissement est déductible du revenu imposable), le kilowattheure est produit au-dessous de 10 centimes, soit deux fois moins cher qu'en soutirant sur le réseau. Le prix de rachat de l'excédent qui n'est pas autoconsommé n'est en revanche pas garanti au-dessus du prix du marché, soit 8,18 centimes aujourd'hui à Genève. La garantie d'origine (GO) n'est plus rétribuée qu'à hauteur de 2,79 centimes par kilowattheure.

Un seul m2 pour recharger son vélo électrique

Acquéreur enthousiaste de dix parts de la centrale solaire de l'école du Petit-Lancy, Jean-Luc Bolli témoigne dans le 19h30: "Les panneaux ne sont pas sur mon toit, mais pour moi cela ne change pas grand chose. L'installation est plus professionnelle, je n'ai pas besoin de l'entretenir, c'est beaucoup d'avantages", explique cet ingénieur.

"Je me suis aperçu qu'avec un seul mètre carré, on pouvait recharger son vélo électrique 300 fois en une année", poursuit Jean-Luc Bolli. Les SIG, eux, prennent l'exemple de 100 cycles de lessive en machine que permettent d'effectuer les 100 kilowattheures annuels liés à l'achat d'une part de la centrale participative de La Praille. Cette quantité de courant suffit également à propulser une voiture électrique sur une distance de 750 kilomètres environ. 

Appel à l'engagement de tous les acteurs

Pour les SIG, "les centrales participatives sont un excellent moyen d'action pour ceux qui ne pourront jamais poser des panneaux solaires au-dessus de leur logement." Leur directeur général Christian Brunier en appelle à l'engagement de tous les acteurs - communes, entreprises et particuliers.

>> Les explications de Pascal Jeannerat dans le 19h30:

Pascal Jeannerat "Il y a un défi de stockage, mais le solaire sera un pilier essentiel de l'énergie en Suisse."
19h30 - Publié le 03 avril 2019

Pascal Jeannerat/oang

Publié le 03 avril 2019 à 14:29 - Modifié le 03 avril 2019 à 21:58

Potentiel solaire immense

Si la Suisse exploitait la moitié des surfaces des toits les mieux adaptés du pays, la production d’électricité solaire pourrait s’élever à près de 50 Térawattheures par année (TWh/an), selon les estimations de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) sur la base de la cartographie nationale disponible sur le site www.toitsolaire.ch.

En 2017, la Suisse a produit 61 TWh d’électricité, dont 36,6 d’origine hydraulique et 19,5 d’origine nucléaire. Le 11 avril prochain, l’OFEN publiera un chiffre inédit: celui du potentiel solaire des façades de bâtiments en Suisse.