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Fribourg veut légiférer pour intégrer et encadrer les activités d'Airbnb

Un porte-clé et une carte de bienvenue dans un logement loué via la plateforme Airbnb. [Keystone - Jens Kalaene]
Fribourg veut légiférer pour encadrer les pratiques de la plateforme d’hébergement Airbnb / La Matinale / 1 min. / le 5 septembre 2018
Des députés fribourgeois veulent réviser la loi cantonale, pour intégrer la plateforme de location Airbnb et encadrer ses activités. L'objectif est de mettre sur pied d'égalité tous les acteurs du tourisme régional.

Airbnb est un plus pour l'offre touristique fribourgeoise. En revanche, ce modèle communautaire doit être encadré, estime Johanna Gapany, députée PLR et co-motionnaire.

"On a des hôteliers, des campings, des bed&breakfast, qui paient des taxes de séjour, qui sont soumises à la loi sur les établissements publics, et qui paient également des impôts sur leurs revenus. Ce qui est important pour nous aujourd'hui, c'est qu'ils soient soumis aux mêmes conditions pour qu'il y ait équité de traitement."

Dans le canton de Fribourg, environ 500 logements sont proposés via Airbnb. Et en 10 ans d'existence de la plateforme, personne n'est parvenu à conclure un accord avec la société américaine pour trouver un modèle automatique de perception de la taxe touristique.

Mosaïque des taxes de séjour

"Les taxes de séjour sont très différentes d'un endroit à l'autre et d'un type d'hébergement à l'autre", explique Claude-Alain Morard, directeur de l'Union fribourgeoise du tourisme. "Ce qui fait qu'Airbnb n'est pas capable de faire de la récolte de taxes de séjour différenciées par type d'hébergement et par lieu. On doit donc arriver à simplifier notre réglementation de la taxe de séjour pour qu'on puisse être des vrais partenaires d'Airbnb dans la discussion et trouver rapidement un accord."

A l'exception de Zoug et Bâle, les autres cantons suisses continuent de négocier avec Airbnb. Mais cela devra passer par une modification des lois sur le tourisme et l'uniformisation des multiples taxes de séjour.

La concurrence entre Airbnb et les hôteliers est effectivement déloyale en ce qui concerne la réglementation, souligne Nicolas Délétroz, professeur HES et responsable de l'Observatoire valaisan du tourisme, au micro de La Matinale mercredi.

Le nombre de jours comme facteur déterminant?

"Même si à la base, le concept était différent, le deuxième 'b" d'Airbnb ("breakfast", ou déjeuner) est très vite tombé pour ne proposer plus qu'un séjour sec", explique-t-il. "Il y dès lors inégalité de traitement avec l'hôtellerie traditionnelle."

Dans les pistes à explorer pour légiférer, le spécialiste évoque la possibilité de fixer un nombre de jours limite à partir duquel un logeur passerait du statut d'hébergeur occasionnel à celui de professionnel de l'hôtellerie.

"Cela dit, l'apparition d'Airbnb est une vraie révolution. Il permet de faire un tourisme différent, et a fait naître des tribus touristiques nouvelles", note-t-il encore. "Je ne suis pas sûr que ce type de clientèle cannibalise le tourisme traditionnel."

>> Les explications de Nicolas Delétroz :

L'invité d'actualité (vidéo) - Encadrement légal d'Airbnb: Nicolas Délétroz, responsable de l'Observatoire valaisan du tourisme
L'invité d'actualité (vidéo) - Encadrement légal d'Airbnb: Nicolas Délétroz, responsable de l'Observatoire valaisan du tourisme / La Matinale / 7 min. / le 5 septembre 2018

Fabrice Gaudiano

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