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Deux suspects renvoyés en jugement pour l'assassinat de Frasses

La maison avec le garage devant lequel le père de famille avait été tué en mai 2013. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
La maison avec le garage devant lequel le père de famille avait été tué en mai 2013. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
Deux personnes ont été renvoyées en jugement pour l'assassinat d'un Kosovar en mai 2013 à Frasses (FR), a indiqué vendredi le Ministère public fribourgeois, qui a clos son enquête.

La victime, un homme de 36 ans, avait été abattue le 11 mai 2013 de 15 balles devant sa fiancée et ses quatre enfants.

Les deux suspects, également kosovars, et dont l'un est étroitement lié à l'une des familles impliquées, avaient été arrêtés en août et en décembre 2013.

Une seconde hypothèse

Devant le mutisme des deux hommes, le procureur général Fabien Gasser retient toutefois une seconde hypothèse. Selon cette dernière, les deux prévenus n'auraient été que complices, fournissant les armes et transportant les tireurs, encore inconnus.

Les deux hommes sont désormais renvoyés devant le Tribunal pénal de la Broye pour assassinat et mise en danger de la vie d'autrui, subsidiairement complicité d'assassinat, ainsi que pour infraction à la loi fédérale sur les armes, précise le Ministère public.

Le second prévenu a en outre été renvoyé subsidiairement pour infraction à la loi fédérale sur le matériel de guerre, en lien avec un trafic d'armes avec le Kosovo.

ats/mac

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Une vendetta qui a fait au moins 22 morts

L'enquête a révélé que cet homicide s'inscrivait dans le cadre d'un conflit impliquant deux familles kosovares, indique vendredi le Ministère public fribourgeois dans un communiqué. La vendetta a entraîné la mort d'au moins 12 personnes des deux clans entre 2000 et 2014, sans compter le décès d'une dizaine d'autres personnes apparentées.

Aucun scrupule, pour le procureur

Selon le procureur général Gasser, la prévention d'assassinat se justifie par l'absence de scrupules des deux prévenus. "Ils n'ont pas hésité à faire feu par surprise et à de nombreuses reprises sur une personne non armée et à proximité immédiate de la famille de la victime."

Dans le cadre de la seconde hypothèse, les prévenus ont apporté une aide indispensable aux tueurs. L'expédition avait pour but d'abattre un membre du clan adverse, dans un contexte de vengeance froide, conclut le Ministère public.