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La Colombie vote pour un nouveau président de rupture

Un bureau de vote pour le deuxième tour de la présidentielle colombienne. [EPA/Keystone - Mauricio Dueàlas Castaàleda]
La Colombie vote pour le deuxième tour de la présidentielle / Le 12h30 / 1 min. / le 19 juin 2022
La Colombie vote dimanche pour choisir son nouveau président entre l'opposant de gauche Gustavo Petro ou l'homme d'affaires indépendant Rodolfo Hernandez, deux candidats qui promettent, chacun à leur manière, un "nouveau chemin" pour un pays en crise.

Présidentielle de "rupture", "journée historique", "grand changement" annoncé pour une élection "au finish"..., résumait la presse nationale, alors que les derniers sondages publiés donnaient les deux candidats à quasi-égalité au terme d'une campagne à l'atmosphère exécrable.

Le vote se terminera à 16h00 (22h00 en Suisse), avec les résultats attendus dans la soirée, communiqués par le Registre national, en charge de l'organisation du scrutin.

Risque de fraude pour ces votations?

Dans le centre de Bogota, beaucoup de personnes étaient présentes dès le petit matin pour voter, comme au collège Marco Antonio Carreno, sous la surveillance d'une dizaine de policiers, et où les opérations se déroulaient normalement.

L'hypothèse d'un résultat trop serré a inquiété ces derniers jours, faisant craindre de possibles débordements, ainsi que des accusations de fraude, alors que Gustavo Petro a exprimé ses doutes sur le logiciel servant pour le décompte après des erreurs en sa défaveur aux législatives de mars.

"Les sondages nous placent loin devant l'autre candidat,(...) Il ne reste plus qu'à surveiller la fraude", a affirmé de nouveau dimanche matin le sénateur de gauche via Twitter.

"En démocratie, seul compte le bulletin de vote. N'insistez pas pour créer une atmosphère de fraude basée sur des ragots", a risposté Rodolfo Hernandez, qui a voté au petit matin, tout sourire et vêtu de son habituel polo à manche longue, dans son fief de Bucaramanga (nord).

Ces trois dernières semaines de campagne "poubelle", selon l'expression de la presse, ont été marquées par les invectives, accusations en tout genre, désinformation, espionnage... avec une course à l'échalote des deux camps pour se montrer le plus "proche des gens", via les réseaux sociaux.

Un pays très polarisé

L'élection se déroule dans un contexte de crise profonde, après la pandémie, une sévère récession, des manifestations antigouvernementales durement réprimées, et une aggravation de la violence des groupes armés qui sévissent dans les campagnes.

Malgré la soif de changement, les deux candidats inquiètent. Hormis quelques mesures emblématiques, Rodolfo Hernandez est resté vague sur son programme, et ne compte quasiment aucun représentant au Congrès, ce qui interroge sur sa capacité à gouverner.

Gustavo Petro suscite toujours le rejet d'une partie de l'électorat, qui l'associe à la vieille extrême-gauche latino-américaine, aux guérillas marxistes actives dans le pays. Il inquiète également chez les entrepreneurs et certains secteurs économiques.

La "Colombie se choisit aujourd'hui un nouveau chemin avec deux candidats aux trajectoires dimétralement opposées", mais qui tous deux, "tendent au populisme", a pointé le journal El Espectador. Ceci alors que "la tâche la plus urgente" du vainqueur "sera de réunifier" un pays particulièrement polarisé, a souligné l'autre grand quotidien El Tiempo.

>> Lire à ce sujet : La Colombie choisit son nouveau président dimanche dans un contexte tendu

afp/aps

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Qui sont les candidats?

Dimanche soir, Gustavo Petro, ex-guérillero reconverti à la social-démocratie et ancien maire de Bogota, pourrait devenir le premier président de gauche de la Colombie. Mais la direction du pays pourrait aussi être confiée à l'inclassable millionnaire Rodolfo Hernandez, ex-maire d'une grande ville du nord, qui a mis la droite hors-course au premier tour en promettant d'en finir avec les "voleurs" et la "bureaucratie".

Gustavo Petro, 62 ans, était arrivé largement en tête du premier tour le 29 mai, avec 40% contre 28% pour Rodolfo Hernandez, 77 ans, et une participation de 55%. A eux deux, ils ont défait les élites conservatrices et libérales qui monopolisent le pouvoir depuis deux siècles. Le magnat de l'immobilier a cependant reçu immédiatement le soutien de la droite traditionnelle et sa figure tutélaire, l'ex-président Alvaro Uribe (2002-2010).